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Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre.

J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits. Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.

S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.


Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du shivaïsme, du zen, et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'Université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique, et la Sociologie de la Culture dans le cadre des Formations Continues de l'Université Paris-IV.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

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Mystique et non-dualité dans le Vijñâna Bhairava Tantra - Par Lilian Silburn | 11 avril 2008



"Ce sont précisément l'intériorisation et l'arrêt du processus dichotomal de la pensée qui forment la clef de voûte de toutes les voies mystiques. Le Vijñanabhairava est entièrement axé sur l'expérience de l'intériorité, une intériorité absolue de la conscience (pûrnhântâ), fondement de l'unité, par opposition à la dispersion de l'extériorité qui implique une relation extrinsèque du sujet et de l'objet. La conscience intériorisée se concentre si puissamment dans son acte que tout objet se trouve éliminé ; connaissance, agent et objet connu ne forment plus qu'une masse indivise de Conscience (cighana). En d'autres termes on retourne vers l'Acte ou la pure énergie consciente dépouillée de ses différenciations. Perçue alors comme le sommet de l'Acte (spanda), la dualité prend l'aspect d'un relâchement de l'activité consciente : la vie ordinaire à double pôle "moi et non-moi", sous quelque forme quelle se présente, dévotion ardente, pratique rituelle, rêve, hallucination, concentration des yogin, oeuvre des artistes, contemplation de la nature, etc., ne ressemble en rien à la Réalité que découvre le mystique lorsqu'il se replie dans la profondeur du Soi et repose en lui-même ; ainsi comparée à la vrai paix qu'il éprouve, une sérénité d'ordre moral ou religieux ne serait pour lui que tourment. Cette Réalité qui échappe à la détermination et ne renferme aucune des modalités habituelles de la conscience est ici nommée bhairava, existence brahmique, coeur (hrdaya), ambroisie (amrta), réalité ulitime (tattva), essence (svarûpa), Soi (atman), vacuité (sûnyatâ) ; elle demeure essentiellement ineffable et peu importe qu'on la qualifie de plénitude ou de vacuité, tout vocable perdant nécessairement son sens normal lorsqu'il s'applique au contenu de l'expérience mystique ; en raison de son infinie simplicité, on ne peut ni l'imaginer ni la penser, ni la suggérer ; il est donc nécessaire de l'éprouver par soi-même. C'est l'accès à cette expérience que notre traité [sa traduction du Vijñâna Bhairava Tantra] a pour but d'enseigner".

(Le Vijñâna Bhairava Tantra, traduit et commenté par Lilian Silburn, Editions du Collège de France, Paris, 1961.)

Publié par Evan Mirzayantz à 09:15:26 dans Shivaisme cahemirien | Commentaires (0) |

La méditation - par Daniel Odier | 05 mai 2007


"L'assise silencieuse nous permet de sortir du statisme qui s'exprime dans l'action dépourvue de conscience. (...) L'assise est le laboratoire de la tranquillité. Peu à peu, les concrétions intimes se distendent, la respiration abominale profonde et silencieuse s'installe et nous perdons par instants l'illusion de la séparation. Nous réintégrons alors la totalité dans une dissolution momentanée qui sert de socle à l'ego. Cette expérience est appelée samâdhi est l'éclosion d'une sphère dénuée de centre dans laquelle le monde coule, se manifeste et se résorbe dans une créativitée spontanée. Dire que c'est une expérience est excessif, car à ce moment-là l n'y a plus de centre, plus d'expérimentateur, il n'y a que l'expression de l'étendue.
Pour s'asseoir simplement et lâcher l'ego, il faut quelques années de pratique régulière bien que cette "expérience" puisse arriver inopinément, dès le premier jour. Ue fois l'assise devenue confortable, nous explorons l'étendue et nous familiarisons vec le passage d'un état paisible à un état contracté et fermé. L'alternance de ces états qui semblent opposés constitue l'apprentissage de l'assise.
Un jour, nous perdons de vue haut et bas, dilatation et resserrement et nous faisons l'expérience d'un état, qui, telle une vague sur l'océan, est une continuité. Ele puise dans ses creux la force de s'élever. Après être devenu la vague, émerge la sensation plus profonde d'être l'eau, oubliant la dualité haut-bas, contraction-détente, nous devenons la fluidité.
Un choc se produit : nous réalisons que nous sommes ce que nous cherchons. La voie accède à la simplicité. Dans l'assise, s'effondrent tous les rêves spirituels, toutes les projections."

(Daniel Odier, extrait de Tantra, spontanéité de l'extase, Editions Acte Sud, collection "le souffle de l'esprit", France, Arles, 2000, pp. 17-20).

Publié par Evan Mirzayantz à 20:03:31 dans Shivaisme cahemirien | Commentaires (0) |

L'ouverture - par Jean Klein | 28 janvier 2007

"Tout d'abord, accueillez tout ce que vous pensez être. Lorsque vous accueillez pleinement tout ce que vous considérez comme étant vous-même, vous vous trouvez soudain dans l'ouverture, et vous voyez que cela - et non vos hypothèses au sujet de votre caractère, etc. - est votre véritable nature. Dans l'ouverture, vous êtes conscients de tout ce que vous pensez, tout ce qui apparaît n'est pas vous. Lorsque vous accueillez le corps, les sensations et le mental, et constatez qu'ils sont uniquement des objets de votre perception apparaissant en vous, vous découvrez une nouvelle dimension derrière vos croyances. 
   Vous serez absorbé par cette dimension nouvelle et vous verrez que ce que vous croyiez être n'est qu'une expression de ce que vous êtes. Alors, vous vivrez totalement intégré, sciemment, dans votre totalité. 
   La prise de conscience de ce que vous n'êtes pas est une maturation organique, mais elle peut avoir lieu en un instant. Il y a en cela une grande beauté".



(Extrait de "Qui suis-je", Jean Klein, Albin Michel spiritualités vivantes, (1988) 1999).

Publié par Evan Mirzayantz à 22:54:02 dans Shivaisme cahemirien | Commentaires (0) |

La méditation (suite) par Daniel Odier | 28 décembre 2006

"[Par la méditation, nous apprenons à] revenir au noyau incandescent de notre propre nature et reconnaissons que rien ni personne n'a le pouvoir d'altérer positivement ou négativement ce noyau que les textes nomment "le rubis du Soi". Alors notre dépendance à un système, à un enseignant, à des états méditatifs, à des réalisations spirituelles cesse complètement.



Dans la tradition tantrique, l'assise est un instant de la quête. Rien ne vaut la méditation en action. Losque le corps/esprit a redécouvert sa source, l'introduction du mouvement évite que l'assise et la tranquilité ne se fétichisent et ne deviennent des instants dépourvus de créativité. Le tantra est entièrement tourné vers la vie sociale. Il vise à intégrer l'état pressenti dans l'assise à la vie active afin qu'il n'y ait aucun clivage entre l'expérience intérieure et l'action, l'intérieur et l'extérieur."



(Extrait de l'ouvrage "Tantra, spontanéité de l'extase" de Daniel Odier, Editions Acte Sud, collection "le Souffle de l'esprit", mai 2000)

Publié par Evan Mirzayantz à 12:07:59 dans Shivaisme cahemirien | Commentaires (0) |

Le renconcement et le coeur - par le Kaivalya Upanishad | 11 décembre 2006


Il s'agit d'extraits d'un Upanishad Shivaite, le Kaivalya Upanishad. (Traduction française de Roberto Caputo selon la traduction de Paul Deussen)
Selon Roberto Caputo : "Le sens exact du mot Upanishad est incertain : le plus souvent il est décomposé ainsi : upa, 'près de', ni 'bas', shad, 's'assoir'. Il évoque ainsi le disciple assis auprès du maître pour recevoir l'enseignement." Les Upanishad furent rédigés entre 800 et 600 avant Jésus Christ.

I

"Alors Âshvalâyana s'approcha du Seigneur et lui dit :
'Enseigne-moi, ô Seigneur,
La science suprême du Brahman,
Celle des hommes de bien, qui est cachée,
Grâce à laquelle les sages,
Vite délivrés de tous les maux,
Intègrent le Purusha,
Le Suprême d'entre les suprêmes.'

II

Le père de toutes choses lui répondit :
'Connais ceci au moyen de la foi,
La dévotion et la méditation :
Ce n'est ni par l'action,
Ni par la descendance, ni par la richesse
Que l'on accède à l'immortalité,
Mais uniquement par le renconcement.

Au-delà du ciel, dans la caverne du coeur,
Brille Cela où entrent les ascètes.
Ceux qui ont saisi le sens du Vedânta,
Dont l'être a été purifié
Par la pratique du renoncement,
A la fin des temps,
Dans le monde de Brahmâ,
Détachés de tout,
Ils vont au-delà de l'immortalité.

(...)

L'ascète médite sur le coeur de lotus,
Pur et sans tache,
Et sur Celui qui est à l'intérieur,
Le Pur, le Sans douleur,
L'Inconcevable, le Non-manifesté,
L'Infinité des formes,
Shiva, le Tranquille, l'Immortel,
La Source de Brahmâ,
Qui est sans commencement, milieu ni fin,
L'Unique, l'Omniprésent,
Fait de conscience et de félicité,
Le Sans Forme, Le Merveilleux,
(...)
Le Témoin universel,
La Source primordiale de toute existence,
Le sage va au-delà des ténèbres.

(...)

Ayant vu le Soi dans tous les êtres
Et tous les êtres dans le Soi,
L'on accède au Brahmân suprême.

(...)

Par là est obtenue la connaissance
Qui met fin au Samsara et à ses vagues.
Celui qui connaît ainsi
Atteint l'Unité,
Il atteint l'Unité."


(Le Kaivalya Upanishad est traduit et commenté dans son intégralité par Roberto Caputo, "Kaivalya Upanishad, La solitude comblée, Editions Nataraj, Pondichéry, Inde, 2005)

Publié par Evan Mirzayantz à 23:52:08 dans Shivaisme cahemirien | Commentaires (0) |

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