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Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre.

J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits. Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.

S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.


Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du shivaïsme, du zen, et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'Université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique, et la Sociologie de la Culture dans le cadre des Formations Continues de l'Université Paris-IV.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

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Homme et Universel - Illuminations - par Rimbaud | 10 juillet 2008




"Je suis le saint, en prière sur la terrasse, comme les bêtes pacifiques paissent jusqu'à la mer de Palestine.

Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque.

Je suis le piéton de la grand'route par les bois nains ; la rumeur des écluses couvre mes pas. Je vois longtemps la mélancolique lessive d'or du couchant.

Je serais bien l'enfant abandonné sur la jetée partie à la haute mer, le petit valet, suivant l'allée dont le front touche le ciel.

Les sentiers sont âpres. Les monticules se couvrent de genêts. L'air est immobile. Que les oiseaux et les sources sont loin ! Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant."

(Arthur Rimbaud, "Enfance - IV" in "Illuminations", dans : Arthur Rimbaud, Oeuvres - texte intégral, Press Pocket, (1990) 1998).
Illustration : Oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest : http://www.pignon-ernest.com/

Publié par Evan Mirzayantz à 18:51:23 dans Poètes et peintres d'Occident | Commentaires (0) |

1871 - Soi et Pensée par Arthur Rimbaud - Selon Fabric Midal | 27 mai 2008

 

"On se souvient de la déclaration de Rimbaud écrivant à son professeur Georges Izambard, en mai 1871 : "C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire on me pense. - Pardon pour le jeu de mots. Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon...". Deux jours plus tard, dans une nouvelle lettre, Rimbaud revient sur sa découverte : "Car Je est un autre. Si le cuivre s'éveille Clairon, il n'y a rien de sa faute. Cela m'est évident : j'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute : je lance un coup d'archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d'un bond sur la scène.".

Fabrice Midal, Introduction au Tantra Bouddhique, Le Seuil, Paris, 2008.

Publié par Evan Mirzayantz à 17:36:09 dans Poètes et peintres d'Occident | Commentaires (3) |

Le faux miroir de Magritte (suivi de confessions du peintre) | 23 juillet 2007

"L'on me reprocha également l'équivoque de mes tableaux. Quel aveu n'est-ce pas de la part de ceux qui s'en plaignent: ils avouent ingénument leur hésitation quand, livrés à eux-mêmes, ils n'ont pas pour les rassurer les garanties de quelque vague expert, la consécration du temps ou un mot d'ordre quelconque.

L'on me reprocha la rareté de mes préoccupations. Singulier reproche de la part de gens pour qui la rareté est signe de grande valeur.

L'on me reprocha encore beaucoup de choses et enfin de montrer dans les tableaux des objets situés là où nous ne les rencontrons jamais. Cependant, il s'agit là de la réalisation d'un désir réel, sinon conscient, pour la plupart des hommes. En effet, déjà, le peintre banal essaye dans les limites qu'on lui a fixées de déranger un peu l'ordre dans lequel il voit toujours les objets. Il se permettra de timides audaces, de vagues allusions. Etant donnée ma volonté de faire si possible hurler les objets les plus familiers, l'ordre dans lequel l'on place généralement les objets devait être évidemment bouleversé; les lézardes que nous voyons dans nos maisons et sur nos visages, je les trouvais plus éloquentes dans le ciel; les pieds de table en bois tourné perdaient l'innocente existence qu'on leur prête s'ils apparaissaient dominant soudain une forêt; un corps de femme flottant au-dessus d'une ville remplaçait avantageusement les anges qui ne m'apparurent jamais; je trouvais très utile de voir les dessous de la Vierge Marie et je la montrai sous ce jour nouveau; les grelots de fer pendus aux cous de nos admirables chevaux, je préférais croire qu'ils poussaient comme des plantes dangereuses au bord des gouffres...

(...) Quant au mystère, à l'énigme que mes tableaux étaient, je dirai que c'était la meilleure preuve de ma rupture avec l'ensemble des absurdes habitudes mentales qui tiennent généralement lieu d'un authentique sentiment de l'existence."

(René Magritte, source : www.crocodilus.org/art/images/fauxmiroir.jpg, l'illustration : "le faux miroir" de Magritte, 1928)

Publié par Evan Mirzayantz à 16:29:13 dans Poètes et peintres d'Occident | Commentaires (0) |

L'Albatros - Charles Baudelaire | 29 juin 2007


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

(L'Albatros, Charles Baudelaire, extrait de Les Fleurs du Mal, 1859)

Publié par Evan Mirzayantz à 14:00:58 dans Poètes et peintres d'Occident | Commentaires (0) |

Jésus par Rimbaud | 03 avril 2007

"Behsaïda, la piscine des cinq galeries (...). C'est là que Jésus fit la première action grave ; avec les infâmes infirmes. Il y avait un jour, de février, mars ou avril, où le soleil de deux heures après midi, laissait s'étaler une grande faux de lumière sur l'eau ensevelie, et comme, là-bas, loin derrière les infirmes, j'aurais pu voir tout ce que ce rayon seul éveillait de bourgeons et de cristaux et de vers, dans le reflet, pareil à un ange blanc couché de côté, tous les reflets infiniment pâles remuaient. Alors tous les péchés, fils légers et tenaces du démon, qui pour les coeurs un peu sensibles, rendaient ces hommes plus effrayants que les monstres, voulaient se jeter à cette eau. Les infirmes descendaient, ne raillant plus ; mais avec envie. (...) Jésus entra aussitôt après l'heure de midi. Personne ne lavait ni ne descendait de bêtes. La lumière dans la piscine était jaune comme les dernières feuilles des vignes. Le divin maître se tenait contre une colonne : il regardait les fils du Péché ; le démon tirait sa langue en leur langue ; et riait." (Extrait de la Suite Evangélique, Rimbaud, Oeuvres complètes, le Livre de Poche)

Publié par Evan Mirzayantz à 10:07:13 dans Poètes et peintres d'Occident | Commentaires (0) |

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