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Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre.

J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits. Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.

S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.


Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du shivaïsme, du zen, et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'Université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique, et la Sociologie de la Culture dans le cadre des Formations Continues de l'Université Paris-IV.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

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Nature et Humanité, Ordre et Désordre - Manuscrit inédit du journal de Jiddu Krishnamurti | 11 avril 2008



"Il avait plu en abondance et la terre avait reverdi, sillonnée par des ruisselets de toutes parts. Le bétail était gras et les chèvres, arborant leur pelage lisse, broutaient toutes les jeunes pousses. La quiétude était là, profonde, et la terre souriait. Le lac prenait des teintes fauves, vibrantes de vie ; des tons de terre brune mouillée, clairs et purs ; des nuances de feuilles vernissées, de celles qui ont connu la beauté du printemps, l'âpreté de l'été. Au sein des eaux profondes était une gaîté, un éclaboussement de vie sans fin. La terre entière était tendre et douce aux pieds nus, l'air frais et innocent. La terre, de brun clair, avait viré au rouge, lavée de frais, rajeunie. Les tamariniers et les manguiers vert sombre ployaient sous leurs lourds feuillages aux reflets profonds. Les fleurs jaunes du sésame étincelaient sous un soleil doux que voilait une mince couche de nuages blancs. Chaque arbre, chaque buisson se couvrait d'une tendre frondaison vert pâle, tirant sur le jaune et le roux ; les minces ruisselets captaient la lumière du soleil matinal au fil de leurs méandres et de leurs détours parmi les champs et les prairies. Haut dans le ciel, les nuages d'un blanc étincelant, surplombaient l'horizon. C'était une belle journée, d'un calme absolu ; pas une feuille ne bougeait. La terre semblait vierge encore de tout contact humain ; la tendresse du matin, toute de pureté, planait sur la campagne. L'engin qui labourait la terre était guidé de main de maître, traçant des sillons profonds et rectilignes, sillon après sillon, selon un ordre mathématique. L'homme aux commandes était au fond de lui-même en proie au désordre ; mais la machine effectuait la tâche assignée. Seul l'homme peut fonctionner dans le désordre, en proie au désordre intérieur et extérieur."

Extraits des pages 104 et 105 du manuscrit original du Journal de Krishnamurti. Ces pages, rédigées après 1973, et qui paraissaient incomplètes, n'ont pas été incluses dans cet ouvrage, publié en 1982 . Elles sont donc inédites à ce jour. Traduction en français extraite du bulletin de l'ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996). Source : http://www.krishnamurti-france.org/Notes-de-Krishnamurti

Publié par Evan Mirzayantz à 09:19:24 dans Krishnamurti | Commentaires (0) |

L'effort, et "ce qui est" | 26 juin 2007


"L'existence de la plupart d'entre nous est basée sur l'effort, sur une certaine forme de volition. Nous ne pouvons concevoir l'action qu'en tant que volonté tendue vers un but ; notre vie sociale, économique et notre vie soi-disant spirituelle sont une suite d'efforts lesquels culminent toujours en un certain résultat. Et nous pensons que cette application est nécessaire, essentielle. [...] L'effort n'est-il pas une lutte en vue de changer ce qui "est" en ce qui n'est pas, ou ce qui devrait être ou devrait devenir ? En d'autres termes, nous luttons perpétuellement afin de ne pas nous trouver face à face avec ce qui "est" : nous cherchons à nous en évader ou à le modifier. Mais le vrai contentement est celui de l'homme qui comprend ce qui "est", et lui accorde sa véritable signification. [...] Dès l'instant que j'accepte ce qui "est", il n'y a pas de faute. [...] Il nous faut d'abord être libres pour voir que la joie et le bonheur ne se produisent pas par un effort. Y a-t-il création par exercice de la volonté, ou au contraire lorsque cesse l'effort ? C'est alors que l'on crée, n'est-ce pas, que l'on écrit, peint ou chante, lorsqu'on est complètement ouvert, lorsqu'on est intégré. C'est alors qu'il y a de la joie, que l'on s'exprime ou que l'on façonne un objet. Cet instant de création n'est pas le produit d'une lutte."

(Extrait de "La première et la dernière libert", Krishnmurti, Le livre de Poche, 1994 (1954))

Publié par Evan Mirzayantz à 20:35:56 dans Krishnamurti | Commentaires (0) |

La Voie de la Méditation - par J. Krishnamurti | 10 décembre 2006



SUR LA MEDITATION ET LA VOIE - J. KRISHNAMURTI

"Pouvons-nous faire abstraction de toute idée, de tout concept, de toute théorie, et découvrir par nous-mêmes s'il existe un objet de l'ordre du sacré, (...) une réalité vraie, à jamais indestructible, une vérité qui demeure ?
Pour la découvrir, pour la rencontrer, il faut bannir radicalement toute forme d'autorité, surtout d'ordre spirituelle, car l'autorité sous-entend le conformisme, l'obéissance, la soumission à un certain modèle. (...)

Pour savoir s'il existe quelque chose qui ne soit pas une projection de la pensée, une illusion ou un mythe, il faut se demander s'il est possible de contrôler la pensée, de la suspendre, de la supprimer, de sorte que l'esprit soit parfaitement tranquille. Mais tout contrôle suppose un "contrôleur" et un objet contrôlé, n'est-ce pas ? Qui est ce contrôleur ? N'est-il pas lui aussi né de la pensée, dont l'un des fragments s'est arrogé l'autorité, à titre de contrôleur ?

Si vous voyez la vérité de ce fait, alors contrôleur et contrôlé ne font plus qu'un, le sujet et l'objet de l'expérience se confondent, le penseur est la pensée. Ce ne sont pas deux entités distinctes. Si vous comprenez cela, tout contrôle devient alors superflu.

S'il n'y a plus de contrôleur, celui-ci étant confondu avec l'objet contrôlé, que se passe-t-il ? Lorsqu'il y a division entre l'agent et l'objet du contrôle, cela suscite un conflit et un gaspillage d'énergie. Mais lorsque le contrôleur et le contrôle se confondent, il y a accumulation de l'énergie précédemment gâchée en vains refoulements, en vaines résistances...

(...)

Mais si votre attention implique votre être tout entier - votre corps, vos nerfs, vos yeux, vos oreilles et votre esprit - il n'existe plus alors de centre à partir duquel rayonne l'attention - il n'y a plus que l'attention pure. Et cette attention est silence absolu.

(...)

La méditation vécue au quotidien n'est autre que la transformation de l'esprit, c'est une révolution psychologique qui fait que l'existence quotidienne telle que nous la vivons - et il ne s'agit pas là de théore, d'idéal, mais du vécu de chacun des instants de notre vie - est pleine de compassion, d'amour, et de l'énergie nécessaire pour transcender toute forme de médiocrité, de petitesse, de superficialité. Quand l'esprit se tait - qu'il est réellement silencieux, mais pas de manière forcée, sous la contrainte d'un désir, d'un vouloir - il naît alors un mouvement d'un tout autre genre, qui n'est pas de l'ordre du temps.

(...)

Dès lors que l'existence quotidienne sera vécue sous le signe de l'ordre, de la justesse, du silence total de l'esprit, l'esprit découvrira de lui-même si oui ou non, l'incommensurable existe. Tant qu'on n'a pas découvert ce qui est la plus hate expression de la sainteté, la vie reste terne et dénuée de sens. Voilà pourquoi la méditation "juste" est absolument indispensable pour redonner à l'esprit sa fraîcheur, sa jeunesse, son innocence.

(...)

Il faut mourrir à tout ce que l'on a en soi ! Car l'amour est frais et innocent, jeune et limpide."


(J. Krishnamurti - "Cette Lumière en nous - la vraie méditation", traduit de l'anglais par Colette Joyeux, Editions Stock, 2000, disponible en Livre de Poche)

Publié par Evan Mirzayantz à 05:20:01 dans Krishnamurti | Commentaires (0) |

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