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Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre.

J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits. Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.

S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.


Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du shivaïsme, du zen, et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'Université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique, et la Sociologie de la Culture dans le cadre des Formations Continues de l'Université Paris-IV.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

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Universel et Actes - extraits de la Bhagavad Gitâ - Krishna à Arjuna | 02 juillet 2008



"Celui dont l'équilibre, la joie et aussi la lumière

Sont en lui-même,

Cet être atteint la Conscience

Où se résorbe toute chose

Car il est devenu cette Conscience."


(Bhagavad Gitâ, trad. Alain Porte, Editions Arléa, Paris, 2004)

Publié par Evan Mirzayantz à 22:28:53 dans Hindouisme | Commentaires (0) |

Culture, Rites et Universel - par Shankarâchârya | 29 juin 2008


"On se pare de bracelets et autres joyaux, et après ? On revêt des habits de soie, et après ? On se régale avec des mets exquis, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Des sites agréables sont visités, et après ? Parents et amis sont nourris et respectés, et après ? Les tourments de l'indigence et autres infortunes sont écartés, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On se baigne dans le Gange ou un autre gué sacré, et après ? On distribue en aumônes quantité de pièces de cuivre, et après ? On récite des mantras des milliers de fois, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Le lignage est précieux, et après ? Le corps est couvert de cendres, et après ? Un rosaire est porté avec soin, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On réjouit des brahmanes avec des repas, et après ? On satisfait des dieux avec des sacrifices, et après ? On est glorifié partout, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On purifie son corps avec des jeûnes, et après ? On pratique la rétention du souffle, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

L'ennemi est vaincu dans la bataille, et après ? On a des fils légitimes, et après ? Les pouvoirs du Yoga sont conquis, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On marche sur les eaux, et après ? On enferme le vent dans une cruche, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On boit du poison comme du lait, et après ? On mange du feu comme du riz, et après ? On vole dans le ciel comme un oiseau, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Les cinq éléments sont maîtrisés, et après ? De réelles blessures ne sont que des rougeurs, et après ? Des pierres sont lancées par des mains invisibles, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On obtient tout avec des formules magiques, et après ? On est transpercé sans dommage par des flèches, et après ? On connaît le sort des astres, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

(...) La présomption est repue, et après ? Plus rien sur la terre ne nous exalte, et après ? Les affres de l'envie ont disparu, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On conquiert le monde de Brahmâ, et après ? On contemple le monde de Vishnou, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Celui dans le coeur duquel ce saint dédain du non-Soi sourd constamment et pleinement devient un vase d'élection pour la perception directe du Soi [atman] (...)".

(Shankarâchârya, chant titré "Le saint dédain du non-soi", anâtman-shrî-vigarhanam, in - Hymnes et chants védantiques, trad. René Allar, Editions Orientales, Paris, 1977.)

 

Publié par Evan Mirzayantz à 23:41:26 dans Hindouisme | Commentaires (0) |

De la juste connaissance - Bhagavad Gîtâ - IX | 19 juillet 2007


Krishna à Arjuna : "Le plus caché de toutes choses, la connaissance et sa compréhension, à toi je vais le dire ; tu es sans préjugés et ce savoir mettra un terme aux ténèbres. C'est un savoir sans ombres, un secret lumineux, une clarté incomparable, immédiatement accessible, c'est un savoir fondamental très facile à rendre immuable. Ceux qui n'ont pas foi en ces choses essentielles, Arjuna, sans pouvoir me rejoindre, retombent alors dans la voie de l'existence et de la mort. Par moi, par ma forme invisible, est déployé tout cet univers que tu vois. Toutes les formes sont en moi, mais moi je ne suis pas en elles. Les formes ne sont pas en moi ? Vois mon art de créer, mon détachement créateur. Je porte les formes sans exister en elles, c'est mon être tout entier qui les fait être. Le vent, dans sa puissance, se rend partout et demeure, pourtant, immuablement dans l'Espace. Ainsi en est-il de tout ce qui existe et qui se tient en moi. Toutes les formes, Arjuna, se résorbent à la fin d'un cycle ; dans mon énergie matérielle, puis au début d'un autre cycle, je les fais surgir de nouveau."

(Bhagavad Gîtâ, Traduit du sanskrit par Alain Porte, début de la section IX, Editions Arléa, Paris, 2004)

Publié par Evan Mirzayantz à 08:57:03 dans Hindouisme | Commentaires (0) |

Tolérance et nature du divin - par Ramakrishna | 11 juin 2007



"J'ai pratiqué toutes les religions, du christianisme à l'islam et j'ai suivi chacune des voies propres aux diverses sectes de l'hindouisme. Et il m'est apparu que par des voies différentes toutes cheminent à la rencontre du même Dieu. [...] Personne ne réalise que celui qu'on appelle Krishna est aussi appelé Shiva ou bien l'Energie divine (Shakti), Jésus ou Allah, ou encore Rama avec ses mille noms. (...) Ceux qui croient que Dieu est sans forme l'atteindront aussi bien que ceux qui croient qu'il est avec forme. Les deux seules choses nécessaires sont la foi et l'abandon de soi."

"Dieu est installé sur le toit de la maison. Il s'agit de le rejoindre. Pour cela, les uns prennent une échelle, d'autres une corde ou une perche en bambou, d'autre encore empruntent l'escalier ou escaladent les murs. Que vous choisissiez telle ou telle voie est chose indifférente, à condition de ne pas les essayer en même temps mais successivement. Si vous arrivez sur le toit, vous avez trouvé Dieu et vous comprenez alors qu'il y avait plusieurs voies possibles pour le rejoindre. En aucun cas vous ne devrez penser que les autres chemins ne mènent pas à Dieu. Ce sont simplement d'autres moyens permettant de se hisser sur le toit. Permettez à chacun de suivre sa propre voie [...] Chacun s'imagine que seule sa propre montre indique l'heure exacte. En réalité, il suffit d'aimer Dieu avec ardeur et de se sentir attiré vers Lui...".

"L'Être est Un, mais ses noms différents. Par exemple, le même et unique élément qu'est l'eau, est appelé de différents noms par des peuples différents et à des époques différentes. En bengalî, cet élément se nomme jal, en hindi pâni, en anglais water. C'est seulement parce que les peuples ignorent les autres langues qu'ils ne peuvent pas se comprendre. Autrement il ne pourrait y avoir aucun malentendu. Si les gens allaient se disputer pour prouver que ce même élément n'est pas jal, mais pâni ou water, ou inversement, ce serait le comble du ridicule. C'est pourtant ce qu'on fait lorsqu'on argumente ou qu'on se bat au nom de la religion !".

"Si vous me demandez sur quelle forme du Seigneur vous devez méditer, je vous dirai de prendre celle que vous voudrez - mais sachez toujours que toutes ces formes ne font qu'Un. N'ayez jamais d'intolérance envers l'une quelconque des formes divines. Shiva, Kâli, Hari, ce ne sont là que des manifestations différentes de l'Unique. Et bienheureux en vérité celui qui sait que toutes sont la même! En apparence, il est shivaïte, mais au fond de son cœur est Kâlî, et il va murmurant: Hari bol, Hari bol (chante Hari)."

(Source : Wikipédia)

Publié par Evan Mirzayantz à 11:12:29 dans Hindouisme | Commentaires (0) |

Souffrance et Ignorance métaphysique dans la philosophie Samkhya et le Yoga - Par Mircéa Eliade | 09 juin 2007


"L'importance considérable que toutes les métaphysiques indiennes, et jusqu'à cette technique de l'ascèse et méthode de la contemplation qu'est le Yoga, accordent à la "connaissance", s'explique très facilement si l'on tient compte des causes de la souffrance humaine. La misère de la vie humaine [pour les doctrines religieuses indiennes] n'est pas due à une punition divine, ni au péché originel mais à l'ignorance. Non pas à n'importe quelle ignorance, mais seulement à l'ignorance de la vraie nature de l'esprit, à l'ignorance qui nous fait confondre l'"esprit" avec les phénomènes psycho-mentaux, qui nous fait attribuer des "qualités" et des prédicats à ce principe éternel et autonome qu'est l'esprit [pour l'hindouisme, l'âme, atmân, est libre et éternelle] ; bref, à une ignorance d'ordre métaphysique. Il est donc naturel que ce soit une connaissance métaphysique qui vienne supprimer cette "ignorance".

Cette connaissance d'ordre métaphysique conduit le disciple au seuil de l'illumination, c'est à dire jusqu'au véritable "soi-même". Et c'est cette "connaissance de soi-même" - non pas dans le sens profane, mais dans le sens ascétique et spirituel de l'expression - qu'est le but poursuivi par une bonne partie des spéculations indiennes, encore que chacune d'entre elles indique une autre voie pour y aboutir.

Pour le Samkhya et le Yoga, le problème est précis. La souffrance ayant pour source l'ignorance de l'"esprit" - c'est à dire le fait de confondre l'"esprit" avec les états pyscho-mentaux - l'affranchissement ne peut s'obtenir que si l'on supprime cette "confusion". (...) Pour ces deux darçanas [voie, discipline] la souffrance humaine a ses racines dans une illusion ; l'homme croit, en effet, que sa vie psycho-mentale - activité des sens, sentiments, pensées et volitions - est identique à l'esprit, au Soi. Il confond ainsi deux réalités entièrement autonomes et opposées, entre lesquelles il n'existe aucune vraie connexion, mais seulement des relations illusoires, car l'expérience psycho-mentale n'appartient pas à l'"esprit", elle appartient à la "nature" (prakrti) ; les états de conscience sont les produits raffinés de la même substance qui crée le monde physique et biologique. Entre les états psychiques et les objets inanimés ou les êtres vivants, il n'y a que des différences de degrés. Mais entre les états psychiques et l'Esprit, il y a une différence d'ordre ontologique : ils appartiennent à deux modes distincts de l'être. La "délivrance" s'obtient lorsqu'on a compris cette vérité, et lorsque l'"esprit" recouvre sa liberté initiale. Ainsi le Samkhya croit que celui qui veut obtenir l'affranchissement doit commencer par connaître à fond l'essence et les formes de la Nature et les lois qui régissent son évolution. Le Yoga, de son côté, accepte lui aussi cette analyse de la Nature, mais n'accorde de valeur qu'à la pratique contemplative, qui seule est capable de révéler expérimentalement l'autonomie et la toute-puissance de l'esprit."

(Mircéa Eliade, Techniques du Yoga, Editions Gallimard, Folio Essais, 1999 (1975 pour e. o.), pp. 39-41)

Publié par Evan Mirzayantz à 21:05:03 dans Hindouisme | Commentaires (0) |

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