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Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre.

J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits. Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.

S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.


Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du shivaïsme, du zen, et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'Université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique, et la Sociologie de la Culture dans le cadre des Formations Continues de l'Université Paris-IV.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

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Mémoires de Dudjom Rimpoché (Extraits) | 15 août 2008



"Moi, Dudjom Jigdrel Yeshé Dordjé, je suis né l'année du dragon de bois, pendant le 15ème cycle rabjoung (1904), dans le pays caché de Pémakeu. (...) Je n'avais que trois ans lorsque des disciples du grand terteun Dujorn Lingpa reconnurent en moi la réincarnation de leur maître. Ils m'acceptèrent comme l'un des leurs, et c'est ainsi que j'ai franchi le seuil du Dharma [enseignement bouddhique].

"Lire et écrire sont les racines du savoir", disait mon précepteur en me faisant travailler dur. Et il me fallut apprendre par coeur les rituels, les prières et toutes ces choses. On m'enseigna le comportement juste du corps, de la parole et de l'esprit ; j'étudiais aussi l'histoire, les contes spirituels et les pratiques préliminaires, grâce à quoi mon intelligence se développa quelque peu. Au fil des ans, j'ai été guidé avec compassion, par des maîtres aussi savants qu'accomplis. J'ai étudié toutes les sciences fondamentales comme la grammaire, l'orthograhe, la prosodie, l'astrologie et la médecine, aussi bien que les textes du Dharma et les commentaires de la Voie médiane [les commentateurs de Nâgârjuna], la Connaissance transcendante... (...) Je révérais particulièrement les tantras qui font mûrir et qui libèrent, leurs commentaires et les profondes instructions des enseignement oraux et des trésors de la tradition nyigmapa - ce qui allait des treize grandes activités du maître de Vajra aux rituels des différentes traditions de pratique, à la fabrication et la décoration de tormas, aux danses, au dessin des mandalas, à la psalmodie et à la musique. Sans rien négliger de tout cela, je me suis entraîné avec diligence dans tous les détails pratiques de la lignée des vidhyadharas. (...)

Toutefois, égaré par le fait que j'avais le malheureux titre de lama, de "maître spirituel", je suis devenu l'esclave de toutes ces activités destinées, paraît-il, au bien de la doctrine et des êtres, lesquelles m'empêchaient tout bonnement de me concentrer, et de ce fait, j'ai récolté à peu près autant de signes d'accomplissement qu'il y a de plumes sur une tortue !
Tout le nectar du Dharma que j'ai reçu, je l'ai expliqué et fait connaître autant que je l'ai pu en fonction de la nature de chacun. Et bien que je ne mérite pas de figurer au nombre des érudits, pour ne pas décevoir ceux qui m'en firent la requête, mais aussi dans l'espoir d'être de quelque utilité à la doctrine, j'ai écrit et compilé des textes (...). On dit que recevoir des enseignements donne la capacité d'écrire - aussi, sans rien en attendre et sans hésitation, j'ai composé tous ces ouvrages.

Grâce à la bonté de mes grands et saints maîtres, les yeux de ma pure perception n'ont pas été aveuglés, et je n'ai jamais accumulé le mauvais karma d'abandonner le Dharma, d'entretenir des vues fausses et de dénigrer les enseignements des autres, ou de critiquer qui que ce soit. Et je m'entraîne constamment au sain état d'esprit qui évite toute duplicité. Mais comme je ne doute pas un instant de faire partie des disciples du compatissant Bouddha, bien que ce soit parmi les plus médiocres, il m'arrive d'éprouver, de temps à autre, un léger sentiment d'orgueil. Ce qui montre bien que je ne sais même pas faire la différence entre le vrai et le faux ! Voilà donc une brève histoire de ma vie, la vie d'un vieil adepte des tantras."

(Dudjom Rimpoché était un immense maître de la tradition lamaïste nyigmapa, profondément initié aux doctrines du Dzogchen. Ce texte est un extrait d'une brève autobiographie de Dudjom Rimpoché : "Vie de Dudjom Rimpoche telle que racontée par lui-même" in Dudjom Rimpoche La Voie de l'Eveil, Introduction du Dalaï-lama et de Dilgo Khyentsé Rimpoché, Trad. et commentaires, Patrick Mandala, Editions Accarias - L'originel, Paris, 2004.)

Publié par Evan Mirzayantz à 23:46:07 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) |

Universel et actes - Apparences - par Namkhai Norbu Rimpoché | 02 juillet 2008



"Voici des instructions sur la détente dans la présence : quel que soit le moment où surgissent les apparences, et quelle que soit leur manière de surgir, nous devrions sans aucune correction ni modification les considérer comme de simples ornements ou embellissements de l'état primordial lui-même (la réelle condition d'existence). Dans cet état, notre pure présence intérieure se trouve non corrigée, claire, vive et nue."

(Namkhai Norbu Rimpoché, Le cycle du jour et de la nuit - où l'on progresse sur la voie du yoga primordial, Editions Jean-Claude Lattès, 1998).

Publié par Evan Mirzayantz à 16:04:37 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) |

The Supreme Source - Tantra Kunjed Gyalpo par Namkhai Norbu Rinpoche | 25 novembre 2007



"The great miracle is not difficult :

From the subtle understanding of the authentic condition

All the qualities and capacities

Immediatly arise in oneself.


Meditation is letting be without seeking

The ultimate nature that never discloses itself visibly.

Hoping to find it as something other,

It will never be obtained.


(...)


Being unperturbed, it the symbol of the Body.

Being immoveable, it is wisdom.

Not grasping anything, it is free of I.

Not rejecting anything, it is equality that transcends words."

(Chögyal Namkai Norbu, Adriano Clemente, The Supreme Source, The fundamental Tantra of the Dzogchen Semde - Kunjed Gyalpo, Editions Snow Lion, New York, USA, 1999)


Publié par Evan Mirzayantz à 19:58:24 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) |

Essence et pratique du Dzogchen - par Namkhai Norbu Rimppoché | 30 mai 2007



"La signification du terme tibétain Dzogchen fait référence à l'état primordial véritable de chaque individu et non à une quelconque réalité transcendante. (...) lorsque nous sommes dans un état de vide sans perdre conscience, il y a une présence qui continue tout le temps, une présence qui est exactement la même dans l'expérience de sensation de plaisir. Cette présence est unique et au-delà de l'esprit. C'est un état non-duel qui est la base de toutes les formes infinies de manifestation, et afin de le trouver, la transmission directe du maître est indispensable. La pratique de Dzogchen est dite "au-delà" de l'effort et, en effet, il n'y a nul besoin de créer, de modifier, ni de changer quoi que ce soit, mais seulement de se trouver dans la véritable condition de "ce qui est", c'est à dire, le "non-corrigé", le "non-altéré", le "non-modifié".

(Namkhai Norbu Rimpoché, Dzogchen - l'état d'auto-perfection, Editions Les Deux Océans, Paris, France).

Publié par Evan Mirzayantz à 09:06:03 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) |

Nyamshag, la contemplation dans le Dzogchen - par Tenzin Wangyal | 23 mai 2007

"Dans le Dzogchen, le terme "Nyamshag" (la contemplation) a un sens très précis : "la présence dans l'état d'inséparabilité de la clarté et de la vacuité". (...) Dans le cadre du Dzogchen, la méditation sur la vacuité du chemin des Sûtras et les pratiques de la voie tantrique, comme la récitation de mantras et la visualisation de déités appliquées pour obtenir l'unification de la vacuité et de la béatitude, sont des pratiques secondaires utilisées lorsqu'elles sont nécessaires. Ce que nous devons développer en tant que pratiquant du Dzogchen, c'est la contemplation de l'inséparabilité de la vacuité et de la clarté dans l'état naturel de l'esprit. Comme ils sont déjà inséparables, dans le Dzogchen, nous n'essayons pas de les unir comme le font les pratiquants des tantras, mais nous reconnaissons simplement leur indivisibilité. Les pratiques secondaires ne sont que des moyens habiles appliqués à ce développement. (...) Dans la pratique de concentration, un dualisme subsiste entre le sujet qui se concentre (fixant son objet) et l'objet de concentration (l'objet fixé), ainsi qu'entre l'intérieur (la conscience au sein du corps et de l'esprit du pratiquant) et l'extérieur (l'objet utilisé par la méditation). Mais dans la contemplation (Dzogchen), il n'y a ni sujet ni objet : c'est comme "verser l'eau dans de l'eau" (...), il n'y a plus là d'existence relative, la perception est directe, c'est celles des yogi. (...) Il suffit simplement de demeurer dans l'état de contemplation où intérieur et extérieur n'existent plus, lorsque s'élève la reconnaissance que toute réalité "extérieure" est une projection de l'état "intérieur". (...) La façon de comprendre est directe et la manière de demeurer dans l'état de contemplation est sans distinction, entre connaisseur et connu, sujet et objet. Cet esprit, qui, au-delà de tout esprit conceptuel, appréhende l'état naturel primordial est un esprit interne subtil, connu également sous le nom de "claire lumière" (claire désigne vacuité et lumière désigne la clarté de l'état primordial). (...) La relation que nous entretenons avec l'émergence des pensées est l'un des points cruciaux de la contemplation [Dzogchen]. En observant comment les pensées s'élèvent, demeurent et se dissolvent dans la vacuité, nous percevons leur nature véritable, vide : les pensées sont le mouvement de l'esprit et sont de même nature que l'esprit naturel, tout comme les vagues sont de la même nature que la mer. Lorsque les pensées surgissent dans l'état de contemplation, nous sommes conscients qu'elles s'élèvent de la vacuité et que leur essence à la nature de la vacuité. Elle ne nous dérangent plus et nous les laissons partir, restant dans l'équanimité de la contemplation. De cette façon, l'état naturel de la vacuité nous apparaît plus clairement quand dans notre expérience nous nous trouvons directement au contact de l'union et de l'identité de la clarté, Rigpa, et de la vacuité, Künshi, réalisant alors que la clarté et la vacuité sont inséparables au sein de l'état naturel. (...) Il ne s'agit pas d'un état aveugle dont les pensées seraient absentes. En fait, si l'état de calme sans pesnées que nous avons cultivé est prolongé au-delà de l'espace naturel qui existe entre deux pensées, on atteint un état d'ignorance et non de présence car, dans l'absence forcée de pensées, il n'y a que vacuité sans clarté, relaxation sans présence. Dans l'état véritable de contemplation, nous ne créons ni ne bloquons les pensées, mais, sans distraction, demeurons présents à tous les instants d'esprit, que des pensées y soient présentes ou non." (Tenzin Wangyal, Les prodiges de l'esprit naturel, Le Seuil, Point Sagesse, Paris, 2000)

Publié par Evan Mirzayantz à 09:18:22 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) |

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