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Publié par Evan Mirzayantz à 21:48:19 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) | Permaliens
"Lorsque le Bouddha fit cette expérience [Son illumination, le nirvâna ou satori], il exprima son émerveillement que toutes choses soient en possession de la nature-de-Bouddha [l'essence de l'Eveil, qui correspond à l'Universel, pour les bouddhistes du Mahâyâna et du Vajrayâna] - toutes choses, non seulement les êtres
sensibles, mais aussi les pierres et tous les objets du monde sans rien
en excepter.
(...)
Un moine demanda à un Maître : "Suis-je en possession de la nature-de-Bouddha ?"
Le maître répondit : "Non, vous ne l'êtes pas."
Le moine questionna : "J'ai entendu dire que toutes choses sont en possession de la nature-de-bouddha... Pourquoi pas moi ?".
Le maître répéta : "Les insectes, les animaux, les plantes, les pierres, tous ont la nature-de-bouddha - et vous non.".
La question montrait que le moine ne savait pas consciemment qu'il était en pleine possession de la nature-de-bouddha. Cette conscience, cet éveil, est l'évènement le plus important qui puisse arriver, et il n'arrive qu'à l'homme. Aussi disons-nous que toutes choses, y compris la matière, sont en possession de la nature-de-bouddha, mais qu'il faut devenir un homme pour le réaliser."
(D. T. Suzuki, "La nature-de-buddha", in René de Berval (dir), "Présence du bouddhisme", Gallimard, Paris, (1959) 2008).
Publié par Evan Mirzayantz à 18:07:45 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) | Permaliens
"Sache que forme n'est que vide
Et que le vide n'est que forme.
Forme n'est autre que le vide
Vide n'est autre que forme."
(Célèbre extrait du Prajnâpâramiâ Hridaya, in Albert Low, Aux sources du zen, Albin Michel - Espace libre, Paris, 2002 (2000 pour originale).
Publié par Evan Mirzayantz à 18:38:43 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) | Permaliens
Zenki , "La totale activité" (1242)
(Extrait du 22ème chapitre des anciens manuscrits (kyûsô))
"Dans son accomplissement, la grande voie des bouddhas est libération et manifestation. Cette libération signifie que la vie s'y libère de la vie et que la mort s'y libère de la mort. C'est pourquoi il y a quitter [le cycle] des naissances et des morts et il y a y entrer : les deux sont la grande voie accomplie. Il y a abandonner [le cycle] des naissances et des morts et il y a y demeurer : les deux sont la grande voie accomplie. (...)
C'est cette opération qui permet la vie et qui permet la mort. Au moment précis où elle se manifeste, cette opération n'a rien de forcément grand ou de forcément petit. Elle n'est ni illimitée ni bornée ; elle n'est ni longue ni brève. Notre vie existe par cette opération et cette opération existe par notre vie.
La vie n'est ni une arrivée ni un départ. La vie n'est ni une manifestation ni un accomplissement. Pourtant, la vie comme la mort sont la manifestation d'une totale activité. Comprenez que parmi les innombrables dharma qui concernent le soi, il y a la vie et il y a la mort.
Vous devez tranquillement vous demander si notre vie, ainsi que la multitude des dharma qui sont nés avec elle sont ou non conjoints avec la vie. Il n'y a rien, ne serait-ce un instant ou un dharma, qui ne soit conjoint avec la vie. Il n'y a rien, ne serait-ce une chose ou une pensée, qui ne soit conjoint avec la vie.
La vie, c'est comme par exemple lorsqu'on monte en bateau. C'est moi qui manoeuvre les voiles et qui prends le gouvernail ; bien que je le mène, le bateau me porte et hors du bateau, je ne suis pas. C'est en montant dans ce bateau que je fais que ce bateau est un bateau. Vous devez étudier avec application ce moment là. A ce moment là, il n'y a rien d'autre que le monde du bateau. Le ciel, l'eau, comme le rivage deviennent tous les occurrences du bateau, bien différentes des occurrences qui ne sont pas [celles du] bateau. C'est la raison pour laquelle la vie me fait vivre et que je peux être un moi vivant. Lorsqu'on monte en bateau, le corps et l'esprit, l'indirect et le direct, sont ensemble les opérations du bateau. Toute la terre et tout l'espace forment ensemble les opérations du bateau. La vie est moi et je suis la vie de la même façon.
Le maître de dhyâna de l'Eveil Complet, le maître Kokugon, a dit : "La vie est la manifestation d'une totale activité ; la mort est la manifestation d'une totale activité."
Vous devez clarifier et pénétrer ces paroles. Les pénétrer revient à dire que le principe "la vie, manifestation d'une totale activité" ne relève ni d'un début ni d'une fin. (...) Toute la terre et tout l'espace sont ensemble dans la vie comme dans la mort. Cependant ce n'est pas la totale activation d'une terre entière et d'un espace entier dans la vie, non plus que leur totale activation dans la mort. (...) Ainsi, la totale activité du [cycle des] naissances et des morts doit être présente dans "comme un homme dans la force de l'âge qui plie et étend son bras" ou dans "comme quelqu'un qui, pendant la nuit, prend à tâton son oreiller dans son dos". Tant de pouvoirs merveilleux et d'éclats lumineux y résident et s'y manifestent.
Au moment de cette manifestation, puisqu'on est totalement activé par la manifestation, on la perçoit sans la moindre manifestation antérieure à la manifestation. Pourtant, l'avant de cette manifestation est "la manifestation de la totale activité" d'avant. Bien qu'il y ait "une manifestation de la totale activité" d'avant, celle-ci n'empêche pas "la manifestation de la totale activité" de maintenant. C'est la raison pour laquelle une telle perception se presse de se manifester."
(Retrouvez l'oeuvre de Dôgen, et les principaux repères biographiques et bibliographiques au lien suivant : http://www.zen-occidental.net/dogen.html)
Publié par Evan Mirzayantz à 01:29:29 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) | Permaliens
"Le bodhisattva de la Compassion, au plus profond de la prajña [sagesse non discursive, au-delà du langage et des concepts]
Voyant le vide des cinq skandas [les cinq agrégats qui composent l'homme, ses sens, sensations, cognitions, volitions] Brise les liens de la souffrance.
Sache que forme n'est que vide, et que le vide n'est que forme.
Forme n'est autre que vide, vide n'est autre que forme.
Sentiment, pensée, choix, et la conscience elle-même sont vides
Tous sont le vide originel, rien ne naît ou meurt
Rien ne ternit ou brille, rien qui grandit ou qui décroît.
Le vide ne contient ni forme, ni sentiment, pensée ou choix
Ni n'a de soi la conscience. Ni oeil, ni oreille ou nez
Ni langue, esprit ou corps, pas de couleur, d'odeur, de son
Rien à goûter, rien à toucher, rien à penser ou percevoir.
Pas d'ignorance, ou fin de l'ignorance,
Et rien qui naît de l'ignorance,
Ni déclin ni mort, ni fin de l'un ou fin de l'autre.
Pas plus n'existe la douleur, ou cause ou fin de la douleur,
Nul sentier noble libérant et nulle sagesse à atteindre
Même la connaissance est vide.
Ainsi le Boddhisattva ne s'attache à rien de rien
Et vit au coeur de la prajña, libéré de toutes les illusions
Et sans craintes qu'elles engendrent, atteint le plus pur nirvâna.
C'est par leur foi dans la prajña que tous les Bouddhas passés, présents
Et tous les Bouddhas à venir connaissent le Grand Eveil.
Sache donc la dhârani, son éclat sans égal
Mantra qui calme tous les maux, l'infaillible et puissant mantra Prajnâpâramitâ.
Voilà sagesse infinie au-delà de tout doute
Vis et répands ta vérité !
Gate, Gate, pâragate, pârasamgate, Bodhi, Svâhâ !"
(Sûtra présenté, traduit et commenté par Albert Low, in "Aux sources du Zen", traduit de l'anglais par Monique Dumont, Editions du Relié (2001), Editions Albin Michel, collection Espaces Libres, Paris, 2002. Titre original : "Zen and the Sutras" (2000))
Publié par Evan Mirzayantz à 11:52:55 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) | Permaliens
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