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Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre.

J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits. Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.

S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.


Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du shivaïsme, du zen, et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'Université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique, et la Sociologie de la Culture dans le cadre des Formations Continues de l'Université Paris-IV.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

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"Le zen" de Dai-o kokushi | 12 juillet 2008



"Il y a une réalité qui précède le ciel et la terre ;
Elle n'a pas de forme, encore moins de nom,
Les yeux ne peuvent pas la voir ;
Les oreilles sont incapables de percevoir sa voix ;
L'appeler Mental ou Bouddha serait violer sa nature,
Car ainsi elle deviendrait semblable à une fleur hallucinatoire flottant dans l'espace
Elle n'est pas le Mental, elle n'est pas le Bouddha ;
Elle est absolument paisible et pourtant lumineuse, assez mystérieusement.
Elle ne se laisse percevoir que par les regards clairs
Elle est le Dharma véritablement au-delà de la forme et du soi ;
Elle est le Tao qui n'a que faire des mots.

Comme il voulait attirer les aveugles,
Le Bouddha s'est amusé à émettre quelques mots de sa bouche d'or ;
Depuis lors, le ciel et la terre sont emplis de rosiers emmêlés.
O, mes bons amis, ici assemblés,
Si vous voulez entendre le tonnerre du Dharma,
Tarissez le flux de vos paroles, videz-vous des pensées,
Car alors, vous arriverez peut-être à reconnaître cette Essence Une."

("Le Zen" de Dai-o Kokushi, cité et traduit par D. T. Suzuki, in "Manuel de bouddhisme zen", Editions Dervy - collection l'Être et l'Esprit, Paris, 1999, p. 154)

Publié par Evan Mirzayantz à 21:48:19 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) |

Universel et phénomènes - "La nature-de-bouddha" - par D. T. Suzuki | 10 juillet 2008

 

"Lorsque le Bouddha fit cette expérience [Son illumination, le nirvâna ou satori], il exprima son émerveillement que toutes choses soient en possession de la nature-de-Bouddha [l'essence de l'Eveil, qui correspond à l'Universel, pour les bouddhistes du Mahâyâna et du Vajrayâna] - toutes choses, non seulement les êtres sensibles, mais aussi les pierres et tous les objets du monde sans rien en excepter.

(...)

Un moine demanda à un Maître : "Suis-je en possession de la nature-de-Bouddha ?"

Le maître répondit : "Non, vous ne l'êtes pas."

Le moine questionna : "J'ai entendu dire que toutes choses sont en possession de la nature-de-bouddha... Pourquoi pas moi ?".

Le maître répéta : "Les insectes, les animaux, les plantes, les pierres, tous ont la nature-de-bouddha - et vous non.".

La question montrait que le moine ne savait pas consciemment qu'il était en pleine possession de la nature-de-bouddha. Cette conscience, cet éveil, est l'évènement le plus important qui puisse arriver, et il n'arrive qu'à l'homme. Aussi disons-nous que toutes choses, y compris la matière, sont en possession de la nature-de-bouddha, mais qu'il faut devenir un homme pour le réaliser."

(D. T. Suzuki, "La nature-de-buddha", in René de Berval (dir), "Présence du bouddhisme", Gallimard, Paris, (1959) 2008).

Publié par Evan Mirzayantz à 18:07:45 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) |

Prajnâpâramiâ Hridaya (Extrait, trad. Albert Low) | 12 mai 2007

"Sache que forme n'est que vide

Et que le vide n'est que forme.

Forme n'est autre que le vide

Vide n'est autre que forme."

(Célèbre extrait du Prajnâpâramiâ Hridaya, in Albert Low, Aux sources du zen, Albin Michel - Espace libre, Paris, 2002 (2000 pour originale).

Publié par Evan Mirzayantz à 18:38:43 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) |

Eihei Dôgen (1200-1253) - Shôbôgenzô ('Pour s'y retrouver') | 28 décembre 2006

Zenki , "La totale activité" (1242)


(Extrait du 22ème chapitre des anciens manuscrits (kyûsô))


"Dans son accomplissement, la grande voie des bouddhas est libération et manifestation. Cette libération signifie que la vie s'y libère de la vie et que la mort s'y libère de la mort. C'est pourquoi il y a quitter [le cycle] des naissances et des morts et il y a y entrer : les deux sont  la grande voie accomplie. Il y a abandonner [le cycle] des naissances et des morts et il y a y demeurer : les deux sont la grande voie accomplie. (...) 


C'est cette opération qui permet la vie et qui permet la mort. Au moment précis où elle se manifeste, cette opération n'a rien de forcément grand ou de forcément petit. Elle n'est ni illimitée ni bornée ; elle n'est ni longue ni brève. Notre vie existe par cette opération et cette opération existe par notre vie.


La vie n'est ni une arrivée ni un départ. La vie n'est ni une manifestation ni un accomplissement. Pourtant, la vie comme la mort sont la manifestation d'une totale activité. Comprenez que parmi les innombrables dharma qui concernent le soi, il y a la vie et il y a la mort.


Vous devez tranquillement vous demander si notre vie, ainsi que la multitude des dharma qui sont nés avec elle sont ou non conjoints avec la vie. Il n'y a rien, ne serait-ce un instant ou un dharma, qui ne soit conjoint avec la vie. Il n'y a rien, ne serait-ce une chose ou une pensée, qui ne soit conjoint avec la vie.


La vie, c'est comme par exemple lorsqu'on monte en bateau. C'est moi qui manoeuvre les voiles et qui prends le gouvernail ; bien que je le mène, le bateau me porte et hors du bateau, je ne suis pas. C'est en montant dans ce bateau que je fais que ce bateau est un bateau. Vous devez étudier avec application ce moment là. A ce moment là, il n'y a rien d'autre que le monde du bateau. Le ciel, l'eau, comme le rivage deviennent tous les occurrences du bateau, bien différentes des occurrences qui ne sont pas [celles du] bateau. C'est la raison pour laquelle la vie me fait vivre et que je peux être un moi vivant. Lorsqu'on monte en bateau, le corps et l'esprit, l'indirect et le direct, sont ensemble les opérations du bateau. Toute la terre et tout l'espace forment ensemble les opérations du bateau. La vie est moi et je suis la vie de la même façon.


Le maître de dhyâna de l'Eveil Complet, le maître Kokugon, a dit : "La vie est la manifestation d'une totale activité ; la mort est la manifestation d'une totale activité."


Vous devez clarifier et pénétrer ces paroles. Les pénétrer revient à dire que le principe "la vie, manifestation d'une totale activité" ne relève ni d'un début ni d'une fin. (...) Toute la terre et tout l'espace sont ensemble dans la vie comme dans la mort. Cependant ce n'est pas la totale activation d'une terre entière et d'un espace entier dans la vie, non plus que leur totale activation dans la mort. (...) Ainsi, la totale activité du [cycle des] naissances et des morts doit être présente dans "comme un homme dans la force de l'âge qui plie et étend son bras" ou dans "comme quelqu'un qui, pendant la nuit, prend à tâton son oreiller dans son dos". Tant de pouvoirs merveilleux et d'éclats lumineux y résident et s'y manifestent.


Au moment de cette manifestation, puisqu'on est totalement activé par la manifestation, on la perçoit sans la moindre manifestation antérieure à la manifestation. Pourtant, l'avant de cette manifestation est "la manifestation de la totale activité" d'avant. Bien qu'il y ait "une manifestation de la totale activité" d'avant, celle-ci n'empêche pas "la manifestation de la totale activité" de maintenant. C'est la raison pour laquelle une telle perception se presse de se manifester."


(Retrouvez l'oeuvre de Dôgen, et les principaux repères biographiques et bibliographiques au lien suivant : http://www.zen-occidental.net/dogen.html)

Publié par Evan Mirzayantz à 01:29:29 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) |

Prajnâpâramiâ Hridaya - Le Coeur de la parfaite sagesse - Sutrâ présenté et commenté par Albert Low | 21 décembre 2006

"Le bodhisattva de la Compassion, au plus profond de la prajña [sagesse non discursive, au-delà du langage et des concepts]


Voyant le vide des cinq skandas [les cinq agrégats qui composent l'homme, ses sens, sensations, cognitions, volitions] Brise les liens de la souffrance.


Sache que forme n'est que vide, et que le vide n'est que forme.


Forme n'est autre que vide, vide n'est autre que forme.


Sentiment, pensée, choix, et la conscience elle-même sont vides


Tous sont le vide originel, rien ne naît ou meurt


Rien ne ternit ou brille, rien qui grandit ou qui décroît.


Le vide ne contient ni forme, ni sentiment, pensée ou choix


Ni n'a de soi la conscience. Ni oeil, ni oreille ou nez


Ni langue, esprit ou corps, pas de couleur, d'odeur, de son


Rien à goûter, rien à toucher, rien à penser ou percevoir.


Pas d'ignorance, ou fin de l'ignorance,


Et rien qui naît de l'ignorance,


Ni déclin ni mort, ni fin de l'un ou fin de l'autre.


Pas plus n'existe la douleur, ou cause ou fin de la douleur,


Nul sentier noble libérant et nulle sagesse à atteindre


Même la connaissance est vide.


Ainsi le Boddhisattva ne s'attache à rien de rien


Et vit au coeur de la prajña, libéré de toutes les illusions


Et sans craintes qu'elles engendrent, atteint le plus pur nirvâna.


C'est par leur foi dans la prajña que tous les Bouddhas passés, présents


Et tous les Bouddhas à venir connaissent le Grand Eveil.


Sache donc la dhârani, son éclat sans égal


Mantra qui calme tous les maux, l'infaillible et puissant mantra Prajnâpâramitâ.


Voilà sagesse infinie au-delà de tout doute


Vis et répands ta vérité !


Gate, Gate, pâragate, pârasamgate, Bodhi, Svâhâ !"


(Sûtra présenté, traduit et commenté par Albert Low, in "Aux sources du Zen", traduit de l'anglais par Monique Dumont, Editions du Relié (2001), Editions Albin Michel, collection Espaces Libres, Paris, 2002. Titre original : "Zen and the Sutras" (2000))

Publié par Evan Mirzayantz à 11:52:55 dans Bouddhisme Zen | Commentaires (0) |

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