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"Il suffit simplement de laisser son esprit en son état naturel, tel qu'il est, comme il vient, sans artifice ; c'est extrêmement simple. Dans la tradition du "Mahâmudrâ reliquaire", il est dit que mahâmudrâ est : trop proche pour être reconnu ; trop profond pour être saisi ; trop simple pour être cru ; trop merveilleux pour être saisi par l'intelligence. Tels sont les quatre obstacles qui empêchent de reconnaître mahâmudrâ. [Façon de pratiquer mahâmudrâ :] Gampopa dit : "l'eau sans agitation est limpide, l'esprit sans contrainte est heureux". Comme l'exprime cette citation, laissons l'esprit sans contrainte, détendu, sans le forcer aucunement, complètement relâché, et il viendra alors naturellement en un état de bien-être. En effet, si l'esprit n'est pas contraint, il est naturellement paisible et limpide... Dans cet état, l'esprit ne se pose pas sur quelque point de repère extérieur ou intérieur, il reste dégagé de toute fixation, sans être contrôlé. Il n'y a pas non plus d'évaluation de l'esprit comme étant vide, lucide ou de quelque manière que ce soit : ni même d'observation, car regarder l'esprit, fut-ce sa vacuité, sa lucidité ou quelque notion que ce soit, serait encore une vision dualiste qui prendrait l'esprit, la vacuité ou la lucidité (autoconnaissance) pour références. Mais il ne s'agit pas non plus de ne pas voir, car il ne faut pas que s'interrompe le cours de l'attention vigilante, de la lucidité. Il est donc nécessaire de garder une vision claire. C'est comme un endroit où la lumière est allumée : voir clairement n'exige aucun effort spécial : la clarté est naturellement présente. L'esprit reste ainsi sans s'engourdir ni sombrer en une sorte d'opacité obscure. L'esprit reste translucide, en un état de transparence lucide et dégagé. Le ciel est naturellement clair et ouvert : de même l'esprit, pour autant qu'il soit laissé "tel quel" en son état naturel... Laissant ainsi l'esprit dans un état de présence totale : sans l'orienter vers le passé ou le futur, sans ressasser le passer, ni aller au-devant de l'"à-venir" ; sans penser "j'ai fait ceci ou cela, je ferai ceci ou cela" ; laissant l'esprit juste vigilant, "tout simplement", sans le contraindre, sans rien y changer, en l'"instanéité présente" encore nommée "présence d'instantanéité" - "datar gui chépa" -, nous méditons. Si l'esprit reste vraiment ainsi, "tel qu'il vient de lui-même, tel qu'il est en lui-même" c'est ce qu'on appelle "rangbap" - c'est ainsi qu'on nomme "l'esprit ordinaire" - ou encore l'esprit d'immédiateté - "datar gui chépa". Réalisé, c'est l'esprit de mahâmudrâ". (Kalou Rimpoché, Bouddhisme profond : Tradition tibétaine, Broché, Paris, 1993)
Publié par Evan Mirzayantz à 11:20:53 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
"Si tu réalises la non-réalisation, alors tu as réalisé le mahâmudrâ. (...) Les phénomènes que nous avons crées sont insubstantiels, recherche donc la substance de l'ultime. (...) Conserve à ton esprit sa nudité. Laisse se décanter les eaux polluées de l'activité mentale. Ne cherche pas arrêter les projections, mais laisse-les parvenir d'elles-mêmes au repos. S'il n'y a plus ni rejet ni acceptation, tu es libéré dans le mahâmudrâ. (...) Les ténèbres qui se sont amassées durant des milliers de kalpas, une seule torche les disperseras. De la même façon, une expérience instantanée de la conscience lumineuse dissoudra le voile des impuretés karmiques. Hommes et femmes de moindre intelligence qui ne pouvez saisir ceci, concentrez votre conscience et prêtez attention à la respiration. Par le moyen de différents regards et de diverses concentrations, disciplinez votre esprit jusqu'à ce qu'il se repose naturellement. Si vous percevez l'espace, les notions figées de centre et de limite disparaissent. De même, si l'esprit perçoit l'esprit, toutes activités mentales cessantes, l'on demeure dans un état de non-pensée, et réalise la suprême bodhicitta ["esprit d'éveil", compassion, dévotion, activité altruiste]. (...) Sans changement, repose sans attache dans l'état primordial, sans doute tes liens vont se dénouer. (...) Laisse les mouvements de ton corps couler authentiquement, cesse ton bavardage oiseux (...). Au commencement, l'esprit est semblable à un torrent turbulent. Au milieu, il est semblable au Gange, coulant doucement. A la fin, il est semblable à la confluence de toutes les rivières. (...) Sans esprit, sans désir, existant par soi-même, apaisé de soi-même, cela est comme une vague. La luminosité n'est voilée que par le surgissement du désir. (...) Ne t'attardes pas sur l'ultime, si tu ne le reçois ni ne t'en écartes, ta pratique est sainte, tu es une torche dans les ténèbres. (...) S'il n'y a pas de désir, viendra l'union de la joie et du vide. Vis longtemps, sans cheveux blancs, et tu croîtras comme la lune. Deviens radieux, et ta force sera parfaite. Après avoir rapidement réalisé les siddhis [réalisations : "pouvoirs miraculeux" (sens littéral de "siddhi") obetnus sur son propre esprit] relatifs, il convient de chercher les siddhis absolus. Que cet enseignement exact du mahâmudrâ demeure dans le coeur des êtres fortunés."
Publié par Evan Mirzayantz à 11:09:49 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
"Le maître ultime, l'absolu, n'est jamais séparé de nous, mais les gens immatures l'ignorent et cherchent à l'extérieur, loin d'eux. Père unique à l'amour immense, tu m'as montré mon propre trésor. Moi qui étais un mendiant, je sens continuellement ta présence au fond de mon coeur. Maître de sagesse, toi qui embrasse l'univers et les êtres, le Samsara et le Nirvana, tu montres comment tous les phénomènes deviennent enseignements et me convaincs que tout est le maître absolu. Je languis après la réalisation ultime et sens ta présence au fond de mon coeur." (Dilgo Khentsé Rimpoché, cité par Mathieu Ricard, L'esprit du Tibet, Le Seuil, Point Sagesse, Paris).
Publié par Evan Mirzayantz à 09:21:08 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Evan Mirzayantz à 10:38:32 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
"Au début, acquiers la compréhension du dharma,
Comme l'affamé devant un bon repas ;
Au milieu, gagne la compréhension de l'esprit,
Comme celui qui découvre un immense joyau ;
A la fin, développe la compréhension de la non-dualité,
Comme s'effondre l'ultime supercherie du charlatan".
(Extrait du rosaire de la voie suprême, Gampopa, cité par Kalou Rimpoché dans La Voie du Bouddha, Le Seuil, point sagesse, 1993).
Publié par Evan Mirzayantz à 19:51:09 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens