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"Il est évident que la communauté humaine a atteint un point critique de son histoire. Le monde d'aujourd'hui nous oblige à accepter l'idée que l'humanité dans son ensemble ne forme qu'un seul tout. Par le passé, des communautés ont pu penser qu'elles étaient fondamentalement séparées les unes des autres. Mais aujourd'hui, (...) ce qui survient dans une région du monde en affecte bien d'autres. Le monde devient de plus en plus interdépendant. Dans ce nouveau contexte, il est clair que l'intérêt de chacun dépend du respect de l'intérêt de tous. Si l'on ne développe pas, si l'on ne met pas à l'oeuvre ce sentiment de responsabilité universelle, notre avenir même sera en danger.
(...)
C'est un fait particulièrement attristant de l'histoire humaine que des conflits s'élèvent au nom de la religion. Aujourd'hui même, des gens sont tués par un mauvais usage de la religion et par l'encouragement du fanatisme religieux et de la haine, des communautés sont détruites et des sociétés déstabilisées. Mon expérience personnelle m'a appris que le meilleur moyen de vaincre les obstacles sont la voie de l'harmonie et de la compréhension entre les religions était d'instaurer un dialogue avec ceux qui ont d'autres traditions. Je vois cela se manifester sous bien des formes. En ce qui me concerne, par exemple, mes rencontres dans les années 60 avec Thomas Merton, moine trappiste aujourd'hui disparu, m'ont apporté beaucoup. Elles ont été à la source de la profonde admiration que je porte aux enseignements chrétiens. Je ressens aussi comme des moments extrêmement forts le fait de m'être trouvé parmi des représentants de diverses religions et de m'être joint à eux pour une prière en commun, comme en 1986, lors du rassemblement d'Assise, en Italie. Le Sommet pour la Paix mondiale aux Etats-Unis qui, l'an dernier, réunit beaucoup de responsables religieux et guides spirituels fut également un moment d'une grande importance. Mais il est nécessaire que ces initiatives soient plus nombreuses et fréquentes. Quoiqu'il en soit, il est nécessaire que des initiatives de cet ordre se multiplient. Pour ma part, afin de témoigner du respect que je porte aux autres religions, je me suis rendu en pèlerinage à Jérusalem, le lieu saint de trois des grandes religions du monde, ainsi qu'en différents lieux de pèlerinages hindous, musulmans, chrétiens, jaïns et sikhs, en Inde comme à l'étranger. Durant les trois dernières décennies, j'ai rencontré de nombreux responsables religieux appartenant à différentes traditions et j'ai débattu avec eux de l'harmonie et de la compréhension entre les religions.
De tels échanges sont l'occasion pour les fidèles de découvrir que l'enseignement d'une autre tradition peut être source d'inspiration spirituelle au même titre que leur foi, et dispenser des conseils d'ordre moral tout aussi valables. Aussi devient-il clair qu'indépendamment des points de doctrine et de quelques autres différences, les principales religions du monde, dans leur ensemble, aident les gens à se transformer et à devenir des êtres humains accomplis. Toutes mettent en évidence l'importance de l'amour, de la compassion, de la patience, de la tolérance, du pardon, de l'humilité, de la discipline, etc. Dans le domaine de la religion aussi, nous devons faire preuve de pluralité.
Dans le contexte de la mondialisation naissante, toutes les formes de violence, dont la guerre, sont des moyens tout à fait inadaptés pour résoudre les conflits. La violence et la guerre ont toujours fait partie de notre histoire. Autrefois, il y avait des vainqueurs et des vaincus. Mais, aujourd'hui, si un conflit mondial devait avoir lieu, il n'y aurait plus de vainqueur. (...) Le dialogue est la seule façon raisonnable et intelligente de résoudre les différends et les conflits d'intérêts, entre les hommes comme entre les nations."
(Tenzin Gyatso, le XIVème Dalaï-lama, extraits du "Discours du Dalï-lama devant le Parlement Européen, le 24 octobre 2001", Annexe II de "Le Tibet en Exil : A l'Ecole de la Démocratie", Série Relations parlementaires, document du Sénat, librement accessible au lien URL : http://www.senat.fr/ga/ga67/ga67_mono.html)
Publié par Evan Mirzayantz à 17:24:32 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
"Sans artifice, demeure en la détente naturelle ;
En l'absence de toute production
S'accomplit la nature de l'innée ;
Telle est la voie suivie par tous les victorieux des trois temps."
(Nâgârjuna, cité par Kalou Rimpoché, in Kalou Rimpoché, (Anthologie réalisée sous la direction du lama Denys Teundroup), La Voie du Bouddha, Le Seuil - point sagesse, Paris, 1993)
Photographie de Dudjom Rimpoché
Publié par Evan Mirzayantz à 18:32:32 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
"Il est dit que la nature vraie de notre esprit, le mahamoudra, est trop proche pour que nous puissions la voir et la comprendre, de même que le visage est trop proche de l'oeil pour que l'oeil puisse le voir.
Il est dit encore que si nous sommes à la surface d'un océan de très grande profondeur, nous aurons beau regarder, nous ne verrons ni les poissons des abysses, ni les rochers du fond marin. De la même manière, le mahamoudra est si profond que nous ne pouvons le sonder.
Le mahamoudra est très facile : il n'y a pas à se déplacer, rien à faire, rien à réciter, pas d'objet de méditation proprement dit ; l'esprit y découvre sa propre nature. Il est dit que c'est trop facile pour que nous puissions le croire.
Pratiquer le mahamoudra entraîne le développement de qualités infiniment grandes et nombreuses impliquées dans la réalisation des corps de l'Eveil ; il est dit que ces qualités sont si grandes et si bonnes que le mental ne peut les contenir.
Il est peu probable que vous puissiez tous faire la retraite traditionnelle, mais si vous avez foi et confiance, et que vous appliquiez avec ardeur (...) à la méditation de mahamoudra, vous pourrez comprendre ce qu'est celui-ci.
Lorsqu'on sait véritablement la pratiquer, la méditation du mahamoudra est extraordinairement simple. En Inde et au Tibet on disait que c'est aisé au point de permettre d'atteindre l'état de bouddha tout en filant de la laine, d'atteindre l'état de bouddha tout en gouvernant un royaume, ou encore d'atteindre l'état de bouddha tout en s'adonnant aux travaux des champs. On a gardé le souvenir de nombreux pratiquants qui ont atteint la libération en continuant leur activité ordinaire ; certains étaient fermiers, d'autres potiers, d'autres couturiers, etc. (...) Vous pourriez strictement ne rien faire, rester assis comme Milarépa, manger des orties et atteindre l'état de bouddha de cette manière.
Le mahamoudra n'implique pas de divinités sur lesquelles méditer ni de mantras à réciter ; l'esprit demeure en lui-même sans aucune distraction, sans rien créer ni faire, dans la reconnaissance de son essence."
(Kalou Rimpoché, BOuddhisme profond, Editions Claire Lumière, France, 1993.)
Publié par Evan Mirzayantz à 01:21:56 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Evan Mirzayantz à 23:34:22 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
LE VOILE DE L'IGNORANCE : "La nature de l'esprit est vide, clair et autoconnaissante, ne pas la reconnaître est l'ignorance et constitue le principal voile qui recouvre l'esprit. Nos yeux nous permettent de voir tous les objets extérieurs, ils ne peuvent pourtant voir notre visage ni se voir eux-mêmes. De la même manière, l'esprit ne se voit pas lui-même, ne se reconnaît pas lui-même pour ce qu'il est. C'est ce fait qu'on appelle le "voile de l'ignorance"".
LE VOILE DES CONDITIONNEMENTS LATENTS : "La première conséquence de l'ignorance est la dualité. Là où il n'y a que vacuité, l'esprit conçoit faussement un moi, centre de toute expérience. Là où il n'y a que clarté, il conçoit des objets perçus comme autres. Divisant l'esprit unique en deux, nous vivons dans l'univers de la dualité sujet-objet. C'est le second voile, dit des conditinnements latents."
LE VOILE DES EMOTIONS CONFLICTUELLES : "De la notion de moi procède nécessairement ce qui est agréable et conforte le moi dans son existence ainsi que la crainte de ne pas obtenir ce que l'on désire et de vivre des situations menaçantes. Sur le pôle du moi se greffent ainsi l'espoir et la crainte. L'autre pôle de la dualité, la notion d'autre, englobe tous les objets des sens : formes, sons, odeurs, saveurs, contacts ou objets mentaux. Tout objet perçu comme agréable crée la joie et tout objet perçu comme désagréable le mécontentement, sentiments qui se transforment en attachement et en aversion. De la dualité moi-autre se dégagent donc l'espoir et la crainte ainsi que l'attachement et l'aversion. Ils ne viennent en fait que de la vacuité de l'esprit et n'ayant donc aucune existence matérielle ni aucune entité propre."
LE VOILE DU KARMA : "Sous l'emprise dees émotions conflictuelles, nous accomplissons toutes sortes d'actes négatifs par le corps, la parole et l'esprit, qui forment le voile du karma".
(Kalou Rinpoché, extrait de La Voie du Bouddha, Le Seuil, Point Sagesse, France, Paris)
Publié par Evan Mirzayantz à 09:31:30 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (1) | Permaliens