Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre. J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits.
Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.
S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.

Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du zen, du shivaïsme et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

-

Rechercher

Juillet

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Libstat


mesure audience

Compteur

Depuis le 10-12-2006 :
68415 visiteurs
Depuis le début du mois :
445 visiteurs
Billets :
146 billets

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

Universel et actes - Mahamoudra - par Kalou Rimpoché | 02 juillet 2008

 

"Il est dit que la nature vraie de notre esprit, le mahamoudra, est trop proche pour que nous puissions la voir et la comprendre, de même que le visage est trop proche de l'oeil pour que l'oeil puisse le voir.

Il est dit encore que si nous sommes à la surface d'un océan de très grande profondeur, nous aurons beau regarder, nous ne verrons ni les poissons des abysses, ni les rochers du fond marin. De la même manière, le mahamoudra est si profond que nous ne pouvons le sonder.

Le mahamoudra est très facile : il n'y a pas à se déplacer, rien à faire, rien à réciter, pas d'objet de méditation proprement dit ; l'esprit y découvre sa propre nature. Il est dit que c'est trop facile pour que nous puissions le croire.

Pratiquer le mahamoudra entraîne le développement de qualités infiniment grandes et nombreuses impliquées dans la réalisation des corps de l'Eveil ; il est dit que ces qualités sont si grandes et si bonnes que le mental ne peut les contenir.

Il est peu probable que vous puissiez tous faire la retraite traditionnelle, mais si vous avez foi et confiance, et que vous appliquiez avec ardeur (...) à la méditation de mahamoudra, vous pourrez comprendre ce qu'est celui-ci.

Lorsqu'on sait véritablement la pratiquer, la méditation du mahamoudra est extraordinairement simple. En Inde et au Tibet on disait que c'est aisé au point de permettre d'atteindre l'état de bouddha tout en filant de la laine, d'atteindre l'état de bouddha tout en gouvernant un royaume, ou encore d'atteindre l'état de bouddha tout en s'adonnant aux travaux des champs. On a gardé le souvenir de nombreux pratiquants qui ont atteint la libération en continuant leur activité ordinaire ; certains étaient fermiers, d'autres potiers, d'autres couturiers, etc. (...) Vous pourriez strictement ne rien faire, rester assis comme Milarépa, manger des orties et atteindre l'état de bouddha de cette manière.

Le mahamoudra n'implique pas de divinités sur lesquelles méditer ni de mantras à réciter ; l'esprit demeure en lui-même sans aucune distraction, sans rien créer ni faire, dans la reconnaissance de son essence."

(Kalou Rimpoché, BOuddhisme profond, Editions Claire Lumière, France, 1993.)

 

Publié par Evan Mirzayantz à 01:21:56 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) |

La méditation de Chiné avec et sans support - Par Kalou Rimpoché | 16 juillet 2007



"Certains pensent que pour méditer, il n'est nullement besoin d'avoir un Lama, un Maître spirituel, qu'il suffit de méditer par soi-même. Mais nous sommes des êtres ordinaires, notre esprit est recouvert par le voile de l'ignorance, nous n'avons pas du tout la capacité de savoir comment méditer et comprendre quelle est la base, le chemin et le fruit de la méditation. Nous nous trouvons un peu dans la situation d'une personne qui serait en pleine obscurité et qui voudrait toucher une cible avec une flèche. (...)

La première étape [de la méditation] est Chiné.

Habituellement, nous sommes dans un état où notre esprit n'est jamais au repos, il est continuellement agité par les émotions perturbatrices et des pensées de toutes sortes. Chiné signifie apprendre à stabiliser son esprit, à dissiper toutes les pensées parasites et les souffrances qu'elles entraînent. On est alors capable de stabiliser son esprit sur un seul objet de concentration que l'on choisit. C'est ce que l'on appelle chiné.

En raison des apparences illusoires qui sont les nôtres, nous vivons maintenant dans ce corps qui, bien qu'apparence illusoire, est pourtant pleinement formé. Il existe donc une connexion extrêmement étroite entre notre esprit et ce corps qui n'est qu'une production de l'esprit. C'est pourquoi, quand on veut méditer, il est tout d'abord nécessaire de prendre une position correcte du corps : si possible croiser les jambes dans la posture du lotus, et tout au moins avoir le dos aussi droit que possible.

Lorsqu'on fait un premier type de Chiné qui s'appelle chiné avec support, prendre par exemple une statue du Bouddha comme support est source de grande accumulation de mérite. Mais pour le moment, ce serait difficile que chacun apporte ici sa statue, nous pensons donc simplement que notre regard est posé dans le vague, ni très loin, ni très près, et nous visualisons une petite sphère de lumière blanche (tib, thiglé), devant nous dans l'espace. Nous portons toute notre attention sur cette sphère de lumière blanche.

Si nous avons beaucoup de difficulté à stabiliser notre esprit, si un grand nombre de pensées perturbent notre méditation, nous devons penser qu'au lieu d'être presque face à nous, le thiglé se trouve très bas par rapport à la ligne de notre regard. Par contre, si au cours de la méditation nous avons plutôt une tendance à la torpeur ou à l'assoupissement, nous devons penser que la sphère de lumière blanche est très haut dans l'espace, et que dans ce lieu l'air est très frais. La sphère de lumière et notre esprit se trouvent tous deux très haut dans l'espace.

(...)

C'est une méthode extrêmement facile à pratiquer. On peut la pratiquer le jour, la nuit, quand on veut. La nuit quand on est allongé, on peut très bien se concentrer de cette manière sur le va-et-vient du souffle. Cette méthode n'est pas vraiment chiné avec support puisqu'on ne se concentre pas sur une forme. Elle n'est pas totalement sans support puisqu'on porte son attention sur la respiration. Mais quoi qu'il en soit, c'est une méthode très facile.

Notre esprit est essentiellement vide, nous allons donc porter notre attention sur cette vacuité de l'esprit, en pensant que c'est un vide qui ne connaît pas de limites, qui est à la fois dépourvu de centre et de circonférence. Nous laissons simplement notre esprit reposer dans un état d'ouverture totale, de lucidité totale, et nous nous concentrons sur cette vacuité. Au cours de cette méditation il n'y a aucune forme, aucun son, etc. C'est donc ce qu'on appelle chiné sans support."

(Kalou Rimpoché, extrait de "Reconnaître le sens de la vie", retranscription des enseignements du 29 janvier 1978 et du 17 novembre 1984, chapitre II, Editions Dashang Kagyu Ling, France).

Publié par Evan Mirzayantz à 23:34:22 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) |

Les 4 voiles de l'esprit - Par Kalou Rimpoché | 05 juin 2007


LE VOILE DE L'IGNORANCE : "La nature de l'esprit est vide, clair et autoconnaissante, ne pas la reconnaître est l'ignorance et constitue le principal voile qui recouvre l'esprit. Nos yeux nous permettent de voir tous les objets extérieurs, ils ne peuvent pourtant voir notre visage ni se voir eux-mêmes. De la même manière, l'esprit ne se voit pas lui-même, ne se reconnaît pas lui-même pour ce qu'il est. C'est ce fait qu'on appelle le "voile de l'ignorance"".

LE VOILE DES CONDITIONNEMENTS LATENTS : "La première conséquence de l'ignorance est la dualité. Là où il n'y a que vacuité, l'esprit conçoit faussement un moi, centre de toute expérience. Là où il n'y a que clarté, il conçoit des objets perçus comme autres. Divisant l'esprit unique en deux, nous vivons dans l'univers de la dualité sujet-objet. C'est le second voile, dit des conditinnements latents."

LE VOILE DES EMOTIONS CONFLICTUELLES : "De la notion de moi procède nécessairement ce qui est agréable et conforte le moi dans son existence ainsi que la crainte de ne pas obtenir ce que l'on désire et de vivre des situations menaçantes. Sur le pôle du moi se greffent ainsi l'espoir et la crainte. L'autre pôle de la dualité, la notion d'autre, englobe tous les objets des sens : formes, sons, odeurs, saveurs, contacts ou objets mentaux. Tout objet perçu comme agréable crée la joie et tout objet perçu comme désagréable le mécontentement, sentiments qui se transforment en attachement et en aversion. De la dualité moi-autre se dégagent donc l'espoir et la crainte ainsi que l'attachement et l'aversion. Ils ne viennent en fait que de la vacuité de l'esprit et n'ayant donc aucune existence matérielle ni aucune entité propre."

LE VOILE DU KARMA : "Sous l'emprise dees émotions conflictuelles, nous accomplissons toutes sortes d'actes négatifs par le corps, la parole et l'esprit, qui forment le voile du karma".

(Kalou Rinpoché, extrait de La Voie du Bouddha, Le Seuil, Point Sagesse, France, Paris)

Publié par Evan Mirzayantz à 09:31:30 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (1) |

La méditation de mahâmudrâ - Par Kalou Rimpoché | 23 mai 2007

"Il suffit simplement de laisser son esprit en son état naturel, tel qu'il est, comme il vient, sans artifice ; c'est extrêmement simple. Dans la tradition du "Mahâmudrâ reliquaire", il est dit que mahâmudrâ est : trop proche pour être reconnu ; trop profond pour être saisi ; trop simple pour être cru ; trop merveilleux pour être saisi par l'intelligence. Tels sont les quatre obstacles qui empêchent de reconnaître mahâmudrâ. [Façon de pratiquer mahâmudrâ :] Gampopa dit : "l'eau sans agitation est limpide, l'esprit sans contrainte est heureux". Comme l'exprime cette citation, laissons l'esprit sans contrainte, détendu, sans le forcer aucunement, complètement relâché, et il viendra alors naturellement en un état de bien-être. En effet, si l'esprit n'est pas contraint, il est naturellement paisible et limpide... Dans cet état, l'esprit ne se pose pas sur quelque point de repère extérieur ou intérieur, il reste dégagé de toute fixation, sans être contrôlé. Il n'y a pas non plus d'évaluation de l'esprit comme étant vide, lucide ou de quelque manière que ce soit : ni même d'observation, car regarder l'esprit, fut-ce sa vacuité, sa lucidité ou quelque notion que ce soit, serait encore une vision dualiste qui prendrait l'esprit, la vacuité ou la lucidité (autoconnaissance) pour références. Mais il ne s'agit pas non plus de ne pas voir, car il ne faut pas que s'interrompe le cours de l'attention vigilante, de la lucidité. Il est donc nécessaire de garder une vision claire. C'est comme un endroit où la lumière est allumée : voir clairement n'exige aucun effort spécial : la clarté est naturellement présente. L'esprit reste ainsi sans s'engourdir ni sombrer en une sorte d'opacité obscure. L'esprit reste translucide, en un état de transparence lucide et dégagé. Le ciel est naturellement clair et ouvert : de même l'esprit, pour autant qu'il soit laissé "tel quel" en son état naturel... Laissant ainsi l'esprit dans un état de présence totale : sans l'orienter vers le passé ou le futur, sans ressasser le passer, ni aller au-devant de l'"à-venir" ; sans penser "j'ai fait ceci ou cela, je ferai ceci ou cela" ; laissant l'esprit juste vigilant, "tout simplement", sans le contraindre, sans rien y changer, en l'"instanéité présente" encore nommée "présence d'instantanéité" - "datar gui chépa" -, nous méditons. Si l'esprit reste vraiment ainsi, "tel qu'il vient de lui-même, tel qu'il est en lui-même" c'est ce qu'on appelle "rangbap" - c'est ainsi qu'on nomme "l'esprit ordinaire" - ou encore l'esprit d'immédiateté - "datar gui chépa". Réalisé, c'est l'esprit de mahâmudrâ". (Kalou Rimpoché, Bouddhisme profond : Tradition tibétaine, Broché, Paris, 1993)

Publié par Evan Mirzayantz à 11:20:53 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) |

Mahâmudrâ Upadesha (Instructions essentielles de Sri Tilopa à Naropa, sur la méditation) | 22 mai 2007

"Si tu réalises la non-réalisation, alors tu as réalisé le mahâmudrâ. (...) Les phénomènes que nous avons crées sont insubstantiels, recherche donc la substance de l'ultime. (...) Conserve à ton esprit sa nudité. Laisse se décanter les eaux polluées de l'activité mentale. Ne cherche pas arrêter les projections, mais laisse-les parvenir d'elles-mêmes au repos. S'il n'y a plus ni rejet ni acceptation, tu es libéré dans le mahâmudrâ. (...) Les ténèbres qui se sont amassées durant des milliers de kalpas, une seule torche les disperseras. De la même façon, une expérience instantanée de la conscience lumineuse dissoudra le voile des impuretés karmiques. Hommes et femmes de moindre intelligence qui ne pouvez saisir ceci, concentrez votre conscience et prêtez attention à la respiration. Par le moyen de différents regards et de diverses concentrations, disciplinez votre esprit jusqu'à ce qu'il se repose naturellement. Si vous percevez l'espace, les notions figées de centre et de limite disparaissent. De même, si l'esprit perçoit l'esprit, toutes activités mentales cessantes, l'on demeure dans un état de non-pensée, et réalise la suprême bodhicitta ["esprit d'éveil", compassion, dévotion, activité altruiste]. (...) Sans changement, repose sans attache dans l'état primordial, sans doute tes liens vont se dénouer. (...) Laisse les mouvements de ton corps couler authentiquement, cesse ton bavardage oiseux (...). Au commencement, l'esprit est semblable à un torrent turbulent. Au milieu, il est semblable au Gange, coulant doucement. A la fin, il est semblable à la confluence de toutes les rivières. (...) Sans esprit, sans désir, existant par soi-même, apaisé de soi-même, cela est comme une vague. La luminosité n'est voilée que par le surgissement du désir. (...) Ne t'attardes pas sur l'ultime, si tu ne le reçois ni ne t'en écartes, ta pratique est sainte, tu es une torche dans les ténèbres. (...) S'il n'y a pas de désir, viendra l'union de la joie et du vide. Vis longtemps, sans cheveux blancs, et tu croîtras comme la lune. Deviens radieux, et ta force sera parfaite. Après avoir rapidement réalisé les siddhis [réalisations : "pouvoirs miraculeux" (sens littéral de "siddhi") obetnus sur son propre esprit] relatifs, il convient de chercher les siddhis absolus. Que cet enseignement exact du mahâmudrâ demeure dans le coeur des êtres fortunés."

Publié par Evan Mirzayantz à 11:09:49 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) |

1| 2| 3| >>