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Sagesse et Philosophie d'Orient et d'Occident

Citations d'éthiques, métaphysiques et mystiques religieuses ou séculières

Présentation


Ce blog est dédié aux éthiques, mystiques et métaphysiques d'Orient et d'Occident.

A chacun d'y puiser ce qui lui parle, d'interpréter selon ses croyances, sa sensibilité propre.

J'aurai pour principe de ne jamais commenter ces écrits. Je jouerai parfois sur les confrontations, les oppositions, les relations qu'entretiennent entre elles certaines pensées, mais je ne commenterai pas.
Ce sont des textes à lire brut.

S'il m'arrive d'écrire, je vous proposerai ces textes dans la rubrique "quelques mots", à part.

Vous remerciant de vos visites, je vous souhaite d'agréables lectures.

E. M.


Mon parcours :

Après avoir rencontré de nombreux maîtres du bouddhisme tibétain, du shivaïsme, du zen, et certains pratiquants, prêtres, pères et pasteurs des chrétientés, je me suis tourné vers la recherche universitaire dont le cadre me permet d'étudier les religions et spiritualités sans avoir à adhérer à un dogme.
Je prépare actuellement une thèse sur le devenir du bouddhisme en Occident, à l'Université Paris-Sorbonne. J'enseigne également l'histoire des religions, selon des perspectives sociologiques et anthropologiques, à l'Association Philotechnique, et la Sociologie de la Culture dans le cadre des Formations Continues de l'Université Paris-IV.

Contact : evanmirzayantz@hotmail.com

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Universel et actes - Apparences - par Namkhai Norbu Rimpoché | 02 juillet 2008



"Voici des instructions sur la détente dans la présence : quel que soit le moment où surgissent les apparences, et quelle que soit leur manière de surgir, nous devrions sans aucune correction ni modification les considérer comme de simples ornements ou embellissements de l'état primordial lui-même (la réelle condition d'existence). Dans cet état, notre pure présence intérieure se trouve non corrigée, claire, vive et nue."

(Namkhai Norbu Rimpoché, Le cycle du jour et de la nuit - où l'on progresse sur la voie du yoga primordial, Editions Jean-Claude Lattès, 1998).

Publié par Evan Mirzayantz à 16:04:37 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) |

Universel et Actes - Mahamoudra - par Kalou Rimpoché | 02 juillet 2008

 

"Il est dit que la nature vraie de notre esprit, le mahamoudra, est trop proche pour que nous puissions la voir et la comprendre, de même que le visage est trop proche de l'oeil pour que l'oeil puisse le voir.

Il est dit encore que si nous sommes à la surface d'un océan de très grande profondeur, nous aurons beau regarder, nous ne verrons ni les poissons des abysses, ni les rochers du fond marin. De la même manière, le mahamoudra est si profond que nous ne pouvons le sonder.

Le mahamoudra est très facile : il n'y a pas à se déplacer, rien à faire, rien à réciter, pas d'objet de méditation proprement dit ; l'esprit y découvre sa propre nature. Il est dit que c'est trop facile pour que nous puissions le croire.

Pratiquer le mahamoudra entraîne le développement de qualités infiniment grandes et nombreuses impliquées dans la réalisation des corps de l'Eveil ; il est dit que ces qualités sont si grandes et si bonnes que le mental ne peut les contenir.

Il est peu probable que vous puissiez tous faire la retraite traditionnelle, mais si vous avez foi et confiance, et que vous appliquiez avec ardeur (...) à la méditation de mahamoudra, vous pourrez comprendre ce qu'est celui-ci.

Lorsqu'on sait véritablement la pratiquer, la méditation du mahamoudra est extraordinairement simple. En Inde et au Tibet on disait que c'est aisé au point de permettre d'atteindre l'état de bouddha tout en filant de la laine, d'atteindre l'état de bouddha tout en gouvernant un royaume, ou encore d'atteindre l'état de bouddha tout en s'adonnant aux travaux des champs. On a gardé le souvenir de nombreux pratiquants qui ont atteint la libération en continuant leur activité ordinaire ; certains étaient fermiers, d'autres potiers, d'autres couturiers, etc. (...) Vous pourriez strictement ne rien faire, rester assis comme Milarépa, manger des orties et atteindre l'état de bouddha de cette manière.

Le mahamoudra n'implique pas de divinités sur lesquelles méditer ni de mantras à réciter ; l'esprit demeure en lui-même sans aucune distraction, sans rien créer ni faire, dans la reconnaissance de son essence."

(Kalou Rimpoché, BOuddhisme profond, Editions Claire Lumière, France, 1993.)

 

Publié par Evan Mirzayantz à 01:21:56 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) |

Culture, Rites et Universel - par Shankarâchârya | 29 juin 2008


"On se pare de bracelets et autres joyaux, et après ? On revêt des habits de soie, et après ? On se régale avec des mets exquis, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Des sites agréables sont visités, et après ? Parents et amis sont nourris et respectés, et après ? Les tourments de l'indigence et autres infortunes sont écartés, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On se baigne dans le Gange ou un autre gué sacré, et après ? On distribue en aumônes quantité de pièces de cuivre, et après ? On récite des mantras des milliers de fois, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Le lignage est précieux, et après ? Le corps est couvert de cendres, et après ? Un rosaire est porté avec soin, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On réjouit des brahmanes avec des repas, et après ? On satisfait des dieux avec des sacrifices, et après ? On est glorifié partout, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On purifie son corps avec des jeûnes, et après ? On pratique la rétention du souffle, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

L'ennemi est vaincu dans la bataille, et après ? On a des fils légitimes, et après ? Les pouvoirs du Yoga sont conquis, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On marche sur les eaux, et après ? On enferme le vent dans une cruche, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On boit du poison comme du lait, et après ? On mange du feu comme du riz, et après ? On vole dans le ciel comme un oiseau, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Les cinq éléments sont maîtrisés, et après ? De réelles blessures ne sont que des rougeurs, et après ? Des pierres sont lancées par des mains invisibles, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On obtient tout avec des formules magiques, et après ? On est transpercé sans dommage par des flèches, et après ? On connaît le sort des astres, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

(...) La présomption est repue, et après ? Plus rien sur la terre ne nous exalte, et après ? Les affres de l'envie ont disparu, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On conquiert le monde de Brahmâ, et après ? On contemple le monde de Vishnou, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Celui dans le coeur duquel ce saint dédain du non-Soi sourd constamment et pleinement devient un vase d'élection pour la perception directe du Soi [atman] (...)".

(Shankarâchârya, chant titré "Le saint dédain du non-soi", anâtman-shrî-vigarhanam, in - Hymnes et chants védantiques, trad. René Allar, Editions Orientales, Paris, 1977.)

 

Publié par Evan Mirzayantz à 23:41:26 dans Hindouisme | Commentaires (0) |

Lumière et dissimulation de la Lumière - par Lieou Yi-Ming | 13 juin 2008



"Réduire le feu signifie dissimuler la lumière dans un lieu secret et mystérieux, et en maîtriser l'usage. Dans la pratique du Tao, l'avancée du feu vise simplement à développer la clarté chez les êtres confus. Dès lors que cette progression est effectuée, et que l'homme a acquis au-dehors comme au-dedans clarté et lucidité, il peut dissimuler sa propre lumière et la nourrir à l'insu des autre, jusqu'à atteindre le royaume de la bonté parfaite et de la pure transparence. Alors le feu retourne à l'origine, foyer d'énergie harmonieuse, pure énergie sans substance, esprit originel de la connaissance infuse et des potentialités inobscurcies - ni tangible ni vide, et pourtant vide et tangible, délivré de la matière comme de la vacuité. A l'intérieur comme à l'extérieur, tout irradie.

La lumière dissimulée est supérieure à la lumière révélée ; elle n'a ni forme ni trace qui puisse être décelée. Lorsqu'il n'a plus ni forme ni trace perceptible, le feu est bel et bien réduit - et il retourne à l'origine.

Mais cette réduction du feu, ce retour à l'origine, constitue une voie d'involution. La lumière ainsi engendrée est comme retournée vers l'intérieur ; elle est présente, mais l'homme ne la déploie pas. Posséder la lumière sans la déployer ne signifie pas que la vacuité de l'inaction puisse suffire à l'accomplissement des tâches. Cet état permet au contraire de prévenir le danger et de nourrir constamment la présence d'esprit.

Il s'agit - point essentiel - d'effectuer ce renversement lorsqu'on se trouve dans l'adversité, sous la contrainte. Si l'homme opère le renversement dans des circonstances favorables, le feu ne peut retourner à l'origine, et la lumière échoue à pénétrer la réalité - le désastre est alors inévitable. (...)

Le secret de l'alchimie spirituelle réside dans la combustion : si elle est trop faible, l'elixir ne se forme pas, si elle est trop forte, il se dégrade. Lorsque l'elixir s'est cristallisé, l'adepte doit réduire le feu au plus vite puis l'entretenir doucement. Demeurant au centre et embrassant l'Un, il dissimule la lumière jusqu'à la rendre imperceptible, en retient la moindre étincelle.

(...)

Lorsque commence la dissimulation de la lumière, le mal est imminent, même s'il ne s'est pas encore manifesté ; l'adepte doit réduire rapidement le feu afin d'éviter tout préjudice. "Il dissimule la lumière en vol, laissant pendre ses ailes", dit le texte, ou encore "l'homme accompli ne mange rien pendant trois jours, mais il trouve une direction". Voler avec les ailes abaissées, voyager sans s'alimenter, c'est connaître le moment du retrait et s'empresser d'agir en conséquence. Pourtant, "le maître encours des reproches". En effet, puisqu'il n'a pu procéder à la réduction du feu qu'après la cristallisation de l'embryon spirituel, il a donc découvert le feu naturel et authentique, et rejeté celui de l'illusion - aussi apparaît-il aux yeux d'autrui comme stupide et incohérent, comportement qui suscite inévitablement des critiques. Toutefois ces critiques, si virulentes soient-elles, échouent à l'atteindre sur le plan intérieur. La réduction du feu s'accomplit ici avant tout préjudice.

(...)

Doué à la fois de force et de clarté, oeuvrant sur le feu authentique et naturel, l'homme réduit en cendres le mental (...). Dès que le mental disparaît, le feu de l'illusion s'éteint naturellement. (...) Le mental abrite la connaissance discriminante, qui constitue le ferment de l'existence ordinaire, et dont nul ne saurait s'affranchir aisément. Celui qui se montre trop orgueilleux ne fera qu'attiser le feu de l'illusion - mettant ainsi en péril le feu authentique. (...) En revanche, s'il est soumis à une dissolution progressive, le mental finira par s'évanouir. C'est oeuvrer sur le feu authentique afin que la lumière ne subisse aucun dommage.

(...)

Celui qui ne parvient pas à saisir le processus de la combustion et à opérer le renversement de la lumière retourne à l'"obscurité de l'incompréhension". Un tel retour ne présente aucun avantage et se révèle même dangereux. L'homme provoque ainsi sa propre infortune. "Il s'élève d'abord au ciel, puis descend à l'intérieur de la terre" - autrement dit, il développe d'abord la lumière, puis il en altère la pureté. A peine conquis, l'elixir d'or est à nouveau perdu, et tous nos efforts seront réduits à néant. Quand l'homme ne sait comme réduire le feu, la lumière en subit les conséquences.


Nourrir le feu, c'est nourrir la lumière ; réduire le feu, c'est dissimuler la lumière. Lorsque la lumière est dissimulée et par là accumulée, le feu retourne à sa réalité, conscience ouverte et inobscurcie, accédant à la sublimation et regagnant le sans-forme. Mais pour pouvoir nourrir la lumière, il importe de maîtriser la réduction du feu. Qui échoue ici ne nourrit pas la lumière, mais l'obscurcit. Lorsque la lumière est ainsi blessées, rien ne peut être accompli."


Lieou Yi-Ming (maître taoïste du XVIIIème), Extrait de son commentaire au Yi-King : Lieou Yi-Ming, Yi King, trad. Th. Cleary, Editions du Rocher - le Seuil point sagesse, Paris (1986) 1994.

Publié par Evan Mirzayantz à 22:31:25 dans Taoïsme | Commentaires (0) |

1871 - Soi et Pensée par Arthur Rimbaud - Selon Fabric Midal | 27 mai 2008

 

"On se souvient de la déclaration de Rimbaud écrivant à son professeur Georges Izambard, en mai 1871 : "C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire on me pense. - Pardon pour le jeu de mots. Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon...". Deux jours plus tard, dans une nouvelle lettre, Rimbaud revient sur sa découverte : "Car Je est un autre. Si le cuivre s'éveille Clairon, il n'y a rien de sa faute. Cela m'est évident : j'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute : je lance un coup d'archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d'un bond sur la scène.".

Fabrice Midal, Introduction au Tantra Bouddhique, Le Seuil, Paris, 2008.

Publié par Evan Mirzayantz à 17:36:09 dans Poètes et peintres d'Occident | Commentaires (3) |

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