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"Je suis de plus en plus convaincu que nous ne pouvons saisir le sacré que là où nous le rencontrons, c'est-à-dire jamais à l'état pur, mais dans l'existence même de l'homme qui le délimite en le concevant. C'est donc de ce dernier qu'il nous faut partir. (...) Et Même si la religion et les diverses formes sous lesquelles elle est vécue n'étaient qu'illusions ou épiphénomènes, il n'en reste pas moins que la relation vécue par l'homme croyant entre lui-même et son (ses) Dieu(x) est un fait universel. Là réside l'objet de toute anthropologie religieuse : à savoir l'analyse des relations de l'homme avec le divin. Mais pour saisir et comprendre les processus et les manifestations de ces rapports, la seule méthode possible consiste d'abord à étudier ce que les fidèles de telle ou telle relgion croient et disent de leur foi et de leurs pratiques. Or le chercheur n'y parvient qu'en s'efforçant de saisir cette foi de l'intérieur, se mettant en quelque sorte à la place du croyant qu'il tente de comprendre. (...)
Le langage des mystiques doit être d'abord analysé dans une constante relation à la culture environnante. En effet, le récit d'une expérience unitive, qui en soi-même est incommunicable, ne peut jamais être séparé de l'itinéraire spirituel déjà parcouru par le mystique, ni isolé du contexte culturel dans lequel celui-ci dit et rend publique cette expérience. Car si toute expérience mystique est personnelle, elle ne peut jamais s'exprimer que dans le cadre et par le truchement d'un langage culturellement défini. Parce que l'expression que le mystique en donne est d'abord communication de ce qu'il a vécu (...), elle emprunte nécessairement, plus ou moins, le langage compréhensible aux hommes de son temps, quelle que soit la volonté de purification de ce langage que l'on constate souvent. Or, nous savons combien cette incarnation de l'expérience vécue dans le langage contemporain du mystique est, pour lui, causes de souffrances, qui sont vécues comme une nécessité spirituelle : véritable lutte de Jacob contre l'ange, que celle qui est menée contre des mots trop humains, afin de signifier l'ineffable. (...) Car la chose, en soi, n'est pas évidente. Parce qu'elle est expérience de l'Absolu, l'expérience mystique est a-temporelle. Comment alors une expression pourrait-elle être liée à une culture qui, comme toute construction humaine, est limitée et passagère ?
(...) C'est là tout le problème de la contemporanéité du mystique qui, lorsqu'il parle et dit, se situe forcément dans un temps historique précis, dans une culture donnée, même s'il parle de ce qui est hors, au-dessus et au-delà du temps."
(Michel Meslin, L'expérience humaine du divin, Les éditions du Cerf, Paris, 1988)
Publié par Evan Mirzayantz à 09:53:25 dans Penseurs et philosophes de l'Occident moderne | Commentaires (0) | Permaliens
"Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis, en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui est au Cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses."
(Mathieu, 6.5-6.15 ; Traduction Louis Segond 1910)
Publié par Evan Mirzayantz à 15:57:04 dans Christianisme | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Evan Mirzayantz à 15:33:21 dans Bouddhisme Mahayana | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Evan Mirzayantz à 19:58:24 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) | Permaliens
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