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"[Sofia Stril-Rever :] - Le Dalaï-Lama place au cœur du bouddhisme l'amour et la compassion. Ces mêmes valeurs sont-elles aussi celles du christianisme ? Existe-t-il une universalité du cœur ? [Sœur Emmanuelle :] - Ce n'est pas un question de religion. Ce que tu appelles « l'universalité du cœur » dépasse le cadre des religions. Elle concerne ce qui est inné dans le cœur de l'homme, à savoir le respect et la fraternité vis-à-vis des autres. (...) Rappelle-toi aussi, il est dit : « Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance ». Le palestinien Elias a raison de déclarer : « Je ne suis né ni catholique, ni musulman, ni juif, ni bouddhiste. Je suis né homme. » Quand tu es né homme, au fond de ton cœur, il y a l'image sacrée de Dieu qui aime l'homme. Tous mes amis, de toutes les confessions, ont tous le respect et le sens de la fraternité envers les autres. C'est le fond du cœur humain. Je me retrouve tout de suite sur la même longueur d'onde avec ces personnes, indépendamment de leur système de croyance. Qu'ils soient athées ne me gêne pas non plus. Je me souviens d'une conférence, à l'issue de laquelle le maire communiste de la ville avait voulu dîner en tête-à-tête avec moi. On m'avait prévenue qu'il était communiste et athée. Mais j'ai accepté son invitation et ce repas avec lui est un de mes meilleurs souvenirs. Il m'a exposé son projet pour un village d'Afrique, où on a entrepris de creuser un puits et des canaux d'irrigation. Moi-même je lui ai parlé de mon travail dans le bidonville du Caire. La conversation était si passionnante que j'en ai oublié de manger. Nous avons parlé fraternellement. Le souffle de l'Esprit de Dieu n'a pas besoin de structure ecclésiale ; il les dépasse ; il est dans le cœur de tout homme de bonne volonté. C'est exactement cela qu'on trouve dans les documents de Vatican II, ce que notre pape, Jean-Paul II, répète sans cesse. Entre hommes de bonne volonté, travaillons ensemble, cœur à cœur, la main dans la main, en nous respectant profondément les uns les autres, sans nous critiquer, sans entretenir de complexe de supériorité. Nous sommes frères, nous sommes tous les mêmes. C'est très simple." (Entretien avec Sofia Stril-Rever, extrait du livre "Enfants du Tibet, de coeur à coeur avec Jetsun Pema et soeur Emmanuelle", Editions Desclée de Brouwer, août 2000)
Publié par Evan Mirzayantz à 10:16:40 dans Christianisme | Commentaires (0) | Permaliens
Jean-Paul II analysait en ces termes la laïcité à la française : "Le centième anniversaire de cette loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat, peut être aujourd'hui l'occasion de réfléchir sur l'histoire religieuse en France au cours du siècle écoulé, considérant les efforts réalisés par les différentes parties en présence pour maintenir le dialogue, efforts couronnés par le rétablissement des relations diplomatiques et par l'entente scellée en 1924 (...) Dans ce cadre, put s'engager un processus de pacification, dans le respect de l'ordre juridique, tant civil que canonique. Ce nouvel esprit de compréhension mutuelle permit alors de trouver une issue à un certain nombre de difficultés et de faire concourir toutes les forces du pays au bien commun, chacune dans le domaine qui lui est propre. D'une certaine manière, on peut dire que l'on avait ainsi déjà atteint une sorte d'entente au jour le jour, qui ouvrait la voie à un accord consensuel de fait sur les questions institutionnelles de portée fondamentale pour la vie de l'Église. Cette paix, acquise progressivement, est devenue désormais une réalité à laquelle le peuple français est profondément attaché. Elle permet à l'Église qui est en France de remplir sa mission propre avec confiance et sérénité, et de prendre une part toujours plus active à la vie de la société, dans le respect des compétences de chacun."
(Le 12 février 2005, Lettre à Mgr Jean-Pierre Ricard et aux évêques de France au sujet de la laïcité en France - dernière lettre qu'il a adressée aux évêques français).
Publié par Evan Mirzayantz à 09:57:25 dans Christianisme | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Evan Mirzayantz à 09:06:03 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) | Permaliens
"Il suffit simplement de laisser son esprit en son état naturel, tel qu'il est, comme il vient, sans artifice ; c'est extrêmement simple. Dans la tradition du "Mahâmudrâ reliquaire", il est dit que mahâmudrâ est : trop proche pour être reconnu ; trop profond pour être saisi ; trop simple pour être cru ; trop merveilleux pour être saisi par l'intelligence. Tels sont les quatre obstacles qui empêchent de reconnaître mahâmudrâ. [Façon de pratiquer mahâmudrâ :] Gampopa dit : "l'eau sans agitation est limpide, l'esprit sans contrainte est heureux". Comme l'exprime cette citation, laissons l'esprit sans contrainte, détendu, sans le forcer aucunement, complètement relâché, et il viendra alors naturellement en un état de bien-être. En effet, si l'esprit n'est pas contraint, il est naturellement paisible et limpide... Dans cet état, l'esprit ne se pose pas sur quelque point de repère extérieur ou intérieur, il reste dégagé de toute fixation, sans être contrôlé. Il n'y a pas non plus d'évaluation de l'esprit comme étant vide, lucide ou de quelque manière que ce soit : ni même d'observation, car regarder l'esprit, fut-ce sa vacuité, sa lucidité ou quelque notion que ce soit, serait encore une vision dualiste qui prendrait l'esprit, la vacuité ou la lucidité (autoconnaissance) pour références. Mais il ne s'agit pas non plus de ne pas voir, car il ne faut pas que s'interrompe le cours de l'attention vigilante, de la lucidité. Il est donc nécessaire de garder une vision claire. C'est comme un endroit où la lumière est allumée : voir clairement n'exige aucun effort spécial : la clarté est naturellement présente. L'esprit reste ainsi sans s'engourdir ni sombrer en une sorte d'opacité obscure. L'esprit reste translucide, en un état de transparence lucide et dégagé. Le ciel est naturellement clair et ouvert : de même l'esprit, pour autant qu'il soit laissé "tel quel" en son état naturel... Laissant ainsi l'esprit dans un état de présence totale : sans l'orienter vers le passé ou le futur, sans ressasser le passer, ni aller au-devant de l'"à-venir" ; sans penser "j'ai fait ceci ou cela, je ferai ceci ou cela" ; laissant l'esprit juste vigilant, "tout simplement", sans le contraindre, sans rien y changer, en l'"instanéité présente" encore nommée "présence d'instantanéité" - "datar gui chépa" -, nous méditons. Si l'esprit reste vraiment ainsi, "tel qu'il vient de lui-même, tel qu'il est en lui-même" c'est ce qu'on appelle "rangbap" - c'est ainsi qu'on nomme "l'esprit ordinaire" - ou encore l'esprit d'immédiateté - "datar gui chépa". Réalisé, c'est l'esprit de mahâmudrâ". (Kalou Rimpoché, Bouddhisme profond : Tradition tibétaine, Broché, Paris, 1993)
Publié par Evan Mirzayantz à 11:20:53 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
"Dans le Dzogchen, le terme "Nyamshag" (la contemplation) a un sens très précis : "la présence dans l'état d'inséparabilité de la clarté et de la vacuité". (...) Dans le cadre du Dzogchen, la méditation sur la vacuité du chemin des Sûtras et les pratiques de la voie tantrique, comme la récitation de mantras et la visualisation de déités appliquées pour obtenir l'unification de la vacuité et de la béatitude, sont des pratiques secondaires utilisées lorsqu'elles sont nécessaires. Ce que nous devons développer en tant que pratiquant du Dzogchen, c'est la contemplation de l'inséparabilité de la vacuité et de la clarté dans l'état naturel de l'esprit. Comme ils sont déjà inséparables, dans le Dzogchen, nous n'essayons pas de les unir comme le font les pratiquants des tantras, mais nous reconnaissons simplement leur indivisibilité. Les pratiques secondaires ne sont que des moyens habiles appliqués à ce développement. (...) Dans la pratique de concentration, un dualisme subsiste entre le sujet qui se concentre (fixant son objet) et l'objet de concentration (l'objet fixé), ainsi qu'entre l'intérieur (la conscience au sein du corps et de l'esprit du pratiquant) et l'extérieur (l'objet utilisé par la méditation). Mais dans la contemplation (Dzogchen), il n'y a ni sujet ni objet : c'est comme "verser l'eau dans de l'eau" (...), il n'y a plus là d'existence relative, la perception est directe, c'est celles des yogi. (...) Il suffit simplement de demeurer dans l'état de contemplation où intérieur et extérieur n'existent plus, lorsque s'élève la reconnaissance que toute réalité "extérieure" est une projection de l'état "intérieur". (...) La façon de comprendre est directe et la manière de demeurer dans l'état de contemplation est sans distinction, entre connaisseur et connu, sujet et objet. Cet esprit, qui, au-delà de tout esprit conceptuel, appréhende l'état naturel primordial est un esprit interne subtil, connu également sous le nom de "claire lumière" (claire désigne vacuité et lumière désigne la clarté de l'état primordial). (...) La relation que nous entretenons avec l'émergence des pensées est l'un des points cruciaux de la contemplation [Dzogchen]. En observant comment les pensées s'élèvent, demeurent et se dissolvent dans la vacuité, nous percevons leur nature véritable, vide : les pensées sont le mouvement de l'esprit et sont de même nature que l'esprit naturel, tout comme les vagues sont de la même nature que la mer. Lorsque les pensées surgissent dans l'état de contemplation, nous sommes conscients qu'elles s'élèvent de la vacuité et que leur essence à la nature de la vacuité. Elle ne nous dérangent plus et nous les laissons partir, restant dans l'équanimité de la contemplation. De cette façon, l'état naturel de la vacuité nous apparaît plus clairement quand dans notre expérience nous nous trouvons directement au contact de l'union et de l'identité de la clarté, Rigpa, et de la vacuité, Künshi, réalisant alors que la clarté et la vacuité sont inséparables au sein de l'état naturel. (...) Il ne s'agit pas d'un état aveugle dont les pensées seraient absentes. En fait, si l'état de calme sans pesnées que nous avons cultivé est prolongé au-delà de l'espace naturel qui existe entre deux pensées, on atteint un état d'ignorance et non de présence car, dans l'absence forcée de pensées, il n'y a que vacuité sans clarté, relaxation sans présence. Dans l'état véritable de contemplation, nous ne créons ni ne bloquons les pensées, mais, sans distraction, demeurons présents à tous les instants d'esprit, que des pensées y soient présentes ou non." (Tenzin Wangyal,
Les prodiges de l'esprit naturel, Le Seuil, Point Sagesse, Paris, 2000)
Publié par Evan Mirzayantz à 09:18:22 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) | Permaliens