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"Celui qui voit la non-action dans l'acte,
Et l'acte dans la non-action,
C'est lui le clairvoyant parmi les hommes,
Intérieurement détaché,
Il accomplit totalement l'action.
Celui dont les actions sont vides
De tout ce que modèle le désir,
Et dont les actes
Sont alors consumés par le feu de la connaissance,
Cet homme, les gens avisés le nomment un sage.
Celui qui n'a aucune attache avec le fruit de ses actes,
Sans cesse heureux, libre de tout inclination,
Même s'il est présent tout entier dans l'action,
En vérité, il n'accomplit rien."
(Bhagavad Gitâ, trad. Alain Porte, Editions Arléa, Paris, 2004)
Publié par Evan Mirzayantz à 22:28:53 dans Hindouisme | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Evan Mirzayantz à 16:40:20 dans Quelques mots | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Evan Mirzayantz à 16:04:37 dans Dzogchen - Bouddhisme tibétain Nyigmapa, et Bönpo | Commentaires (0) | Permaliens
"Il est dit que la nature vraie de notre esprit, le mahamoudra, est trop proche pour que nous puissions la voir et la comprendre, de même que le visage est trop proche de l'oeil pour que l'oeil puisse le voir.
Il est dit encore que si nous sommes à la surface d'un océan de très grande profondeur, nous aurons beau regarder, nous ne verrons ni les poissons des abysses, ni les rochers du fond marin. De la même manière, le mahamoudra est si profond que nous ne pouvons le sonder.
Le mahamoudra est très facile : il n'y a pas à se déplacer, rien à faire, rien à réciter, pas d'objet de méditation proprement dit ; l'esprit y découvre sa propre nature. Il est dit que c'est trop facile pour que nous puissions le croire.
Pratiquer le mahamoudra entraîne le développement de qualités infiniment grandes et nombreuses impliquées dans la réalisation des corps de l'Eveil ; il est dit que ces qualités sont si grandes et si bonnes que le mental ne peut les contenir.
Il est peu probable que vous puissiez tous faire la retraite traditionnelle, mais si vous avez foi et confiance, et que vous appliquiez avec ardeur (...) à la méditation de mahamoudra, vous pourrez comprendre ce qu'est celui-ci.
Lorsqu'on sait véritablement la pratiquer, la méditation du mahamoudra est extraordinairement simple. En Inde et au Tibet on disait que c'est aisé au point de permettre d'atteindre l'état de bouddha tout en filant de la laine, d'atteindre l'état de bouddha tout en gouvernant un royaume, ou encore d'atteindre l'état de bouddha tout en s'adonnant aux travaux des champs. On a gardé le souvenir de nombreux pratiquants qui ont atteint la libération en continuant leur activité ordinaire ; certains étaient fermiers, d'autres potiers, d'autres couturiers, etc. (...) Vous pourriez strictement ne rien faire, rester assis comme Milarépa, manger des orties et atteindre l'état de bouddha de cette manière.
Le mahamoudra n'implique pas de divinités sur lesquelles méditer ni de mantras à réciter ; l'esprit demeure en lui-même sans aucune distraction, sans rien créer ni faire, dans la reconnaissance de son essence."
(Kalou Rimpoché, BOuddhisme profond, Editions Claire Lumière, France, 1993.)
Publié par Evan Mirzayantz à 01:21:56 dans Bouddhisme tibétain | Commentaires (0) | Permaliens
"On se pare de bracelets et autres joyaux, et après ? On revêt des habits de soie, et après ? On se régale avec des mets exquis, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
Des sites agréables sont visités, et après ? Parents et amis sont nourris et respectés, et après ? Les tourments de l'indigence et autres infortunes sont écartés, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
On se baigne dans le Gange ou un autre gué sacré, et après ? On distribue en aumônes quantité de pièces de cuivre, et après ? On récite des mantras des milliers de fois, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
Le lignage est précieux, et après ? Le corps est couvert de cendres, et après ? Un rosaire est porté avec soin, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
On réjouit des brahmanes avec des repas, et après ? On satisfait des dieux avec des sacrifices, et après ? On est glorifié partout, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
On purifie son corps avec des jeûnes, et après ? On pratique la rétention du souffle, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
L'ennemi est vaincu dans la bataille, et après ? On a des fils légitimes, et après ? Les pouvoirs du Yoga sont conquis, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
On marche sur les eaux, et après ? On enferme le vent dans une cruche, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
On boit du poison comme du lait, et après ? On mange du feu comme du riz, et après ? On vole dans le ciel comme un oiseau, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
Les cinq éléments sont maîtrisés, et après ? De réelles blessures ne sont que des rougeurs, et après ? Des pierres sont lancées par des mains invisibles, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
On obtient tout avec des formules magiques, et après ? On est transpercé sans dommage par des flèches, et après ? On connaît le sort des astres, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
(...) La présomption est repue, et après ? Plus rien sur la terre ne nous exalte, et après ? Les affres de l'envie ont disparu, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
On conquiert le monde de Brahmâ, et après ? On contemple le monde de Vishnou, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.
Celui dans le coeur duquel ce saint dédain du non-Soi sourd constamment et pleinement devient un vase d'élection pour la perception directe du Soi que ne connaîtront pas ici-bas ceux qui s'égarent dans le tourbillon d'un univers illusoire".
(Shankarâchârya - Hymnes et chants védantiques, trad. René Allar, Editions Orientales, Paris, 1977.)
Publié par Evan Mirzayantz à 23:41:26 dans Hindouisme | Commentaires (0) | Permaliens
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